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Rappelons que le plan campus a consisté à vendre 2,5% d'EDF, au bénéfice des universités françaises. Toutes ? Non, l'argent ne bénéficieira qu'à certaines universités, selon des critères politiques définis par le ministère. Voici un communiqué de la fédération SUD étudiant
Opération campus : qui sont les vrais nominés ?!
Valérie Pécresse a donc dernièrement annoncé les noms des premiers projets retenus par "le jury de l’opération campus". Aux dernières nouvelles encore, il semblerait que le champagne coulait à flot dans les présidences d’universités "nominées", dans lequelles les administrateurs rêvent de leur campus dans quelques années, rénové "à l’américaine"...
Face au manque de recul médiatique depuis quelques jours sur cette opération, on serait presque gêné de rappeler quelques vérités blessantes.
Tout d’abord, le jury censé retenir les projets s’est dôté d’une composition étrange, en accueillant notamment le directeur général du groupe hôtelier Accor.
Ensuite, le financement de cette opération se fait au détriment du maintien de services publics de qualité, puisque cette opération se fait par la vente de 3% des actions publiques d’EDF.
Enfin, en n’attribuant "le pactole" (sic) qu’à 10 universités maximum (sur les 86 universités présentes sur le territoire français), le ministère de l’enseignement supérieur initie les mises en concurrence entre les universités, et ce au détriment d’un accès égal à une université de qualité pour tou-te-s sur l’ensemble du territoire. Il suffit de se référer aux presses locales de ces derniers jours, vantant les mérites du projet de leur université locale plutôt que de telle ou telle autre.
Face à cela, il convient de rappeler que cette mise en concurrence s’inscrit dans la lignée des réformes précédentes (dont la LRU). Les intentions du gouvernement s’affinent donc progressivement, en convergeant vers la mise en place de quelques pôles d’excellences, qui seront fatalement plus difficiles d’accès aux étudiant-e-s les plus précaires.
Par ailleurs, il est frappant de voir comme les membres du jury ainsi que les promoteurs des divers projets trahissent leurs objectifs ces derniers jours, en appelant notamment à faire en sorte que les universités soient désormais financées autant par des fonds privés que des fonds publics, en souhaitant le regroupement des différentes universités afin de réduire le nombre de personnes dans les conseils de gestion de l’université (au détriment des cohérences scientifiques de chaque pôle universitaire), etc. Si nous restons les défenseurs d’universités publiques, de qualité, accessible à tou-te-s ; mais si nous luttons aussi pour la rénovation des campu,s afin de les rendre plus "vivables" pour les étudiant-e-s, il est tès clair que "l’opération campus" ne saurait répondre à l’ensemble de ces questions. Bien au contraire, ce projet crée une minorité de privilégiés, au détriment de la grande majorité des personnels et étudiant-e-s.


Il y a une petite erreur dans ce communiqué ; ce ne sont pas 10 universités qui seront choisies, mais 10 projets, composés d'universités et de grandes écoles. C'est une manière de pénaliser les universités qui ne suivent pas la "bonne voie", et qui n'ont ainsi aucune chance d'être choisies : le ministère montre bien que le regroupement de poles régionaux n'est pas une option mais une obligation. Et donc, ce n'est plus un simple regroupement technique, comme on voulait nous le faire croire, mais un regroupement politique bien lié à l'autonomisation et à la privatisation des universités...

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communiqué de l'UNEF national à ce sujet:
"Opération campus : Un effort conséquent mais l'UNEF s'inquiète des laissés pour compte (29/05/08)

L’urgence immobilière enfin prise en compte
L’UNEF se félicite que l’opération campus permette enfin de dégager des crédits conséquents pour répondre à l’urgence immobilière et au sous équipement des campus français. Les projets retenus concernent 19 universités et 340 000 étudiants et permettront d’améliorer une situation immobilière souvent très difficile.
Les étudiants écartés
Cependant, l’UNEF regrette la méthode retenue, qui a consisté à écarter les étudiants, tant lors de l’élaboration des projets au niveau local, que lors du choix des heureux élus au niveau national. En effet, le Ministère a préféré procéder à une loterie et à la mise en concurrence des universités et de leurs projets, en constituant un obscur « comité des sages » excluant les principaux intéressés, les étudiants.

Une logique de regroupement et de pôles d’excellence
Ainsi, ce qui a présidé au choix des projets semble être plus une logique de regroupement et de concentration sur certains pôles régionaux, plutôt qu’une réponse à l’urgence immobilière des universités. L’UNEF s’inquiète de la mise à l’écart des universités de lettres et sciences humaines dans les projets : Toulouse le Mirail a été exclue du projet toulousain, Montpellier 3 est marginalisée au sein du dossier montpelliérain. Quand au projet lyonnais, il ne concerne que le campus de la Doua et le site Charles Merieux (Sciences), tournant le dos à l’indispensable rénovation du site de Bron (Lettres).
L’UNEF s’interroge sur le devenir des 40 projets laissés pour compte
Le dépôt de 46 projets, concernant plus de 100 établissements d’enseignement supérieur démontre que l’ensemble des campus est aujourd’hui touché par une situation de crise, et que la sélection de 10 campus est insuffisante. En effet, 30% du patrimoine universitaire est en état de dégradation, 15% des campus sont inadaptés à leur mission, et la moitié des campus n’a pas été rénové depuis 30 ans. Que répondra la ministre aux étudiants de Reims installés dans des amphis qui s’écroulent, aux étudiants de Marseille et Angers qui ont cours dans des salles qui ne respectent plus les normes de sécurité ?
L’UNEF regrette qu’aucun projet en région parisienne n’ait été retenu, alors qu’elle regroupe 27 % des étudiants qui ne disposent donc d’un espace que de 1m² en moyenne par étudiant. L’UNEF demande donc qu’un projet d’envergure soit retenu lors de la « session de rattrapage » au mois de juillet.
De plus, les 6 projets retenus sont concentrés dans les villes parmi les 15 plus importantes de France. L’UNEF s’inquiète du devenir des universités des villes de taille moyenne et redoute que l’opération campus ne soit un moyen autoritaire de restructurer la carte de formation.
La Ministre s’était engagée, à la demande de l’UNEF, à ce qu’une enveloppe soit réservée à des petits projets de rénovation. L’UNEF exige que la Ministre tienne parole et réserve une enveloppe conséquente à la remise à niveau de l’ensemble des bâtiments universitaires.

Où sont passés les 5 milliards ?
Enfin, l’UNEF s’interroge sur le montant total de l’enveloppe. Alors que le Président de la République a annoncé 5 milliards d’euros, aujourd’hui seuls 3,7 sont sur la table. L’UNEF s’inquiète du fait que les 1,3 milliards restants soient victimes de la politique de rigueur du gouvernement et exige des engagements fermes.
L’UNEF attend des réponses de la Ministre
La Ministre doit répondre à ces inquiétudes. L’UNEF demande :
- La garantie que l’enveloppe globale s’élèvera bien à 5 milliards d’euros
- La prise en compte de la situation catastrophique de l’enseignement supérieur francilien et de sites de villes universitaires moyennes pour le choix des 4 derniers projets. Les projets retenus, au contraire de celui porté par exemple par l’université Paris 9 Dauphine ou Marne La Vallée, devront privilégier les universités ayant des bâtiments particulièrement délabrés et manquant clairement de surface d’enseignement (Paris1, Reims…)
- Une garantie de transparence : alors que le Ministère et les universités ont refusé de transmettre les dossiers à l’UNEF et aux étudiants, l’UNEF exige qu’ils soient transmis à l’ensemble des membres du CNESER et à ce que les élus étudiants soient associés localement.
- Une enveloppe conséquente pour les projets de rénovation urgente s’ajoutant au 10 projets comme la ministre s’y était engagé : permettant la rénovation de tous les sites universitaires dont la situation est particulièrement dégradée dont il convient désormais de préciser le montant."

pas de commentaires particuliers, mis à part que c'est encore une logique de concurrence qui a joué pour la sélection, alors que dans toutes les Universités de France il y a besoin de réhabiliter des batiments.

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pendant ce temps, le projet de campus numerique propose par l'universite europeenne de bretagne a ete retoque, mais ca tout le monde s'en fout...

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Je commente, pour donner un avis similaire, mais divergeant sur des détails (et désolé si je redis des choses exprimé dans le communiqué de l'UNEF, mais au moins ça montrera qu'on est du même avis...) :
sua31 (./2) :
Cependant, l’UNEF regrette la méthode retenue, qui a consisté à écarter les étudiants, tant lors de l’élaboration des projets au niveau local, que lors du choix des heureux élus au niveau national. En effet, le Ministère a préféré procéder à une loterie et à la mise en concurrence des universités et de leurs projets, en constituant un obscur « comité des sages » excluant les principaux intéressés, les étudiants.


C'est exactement ce que les étudiants mobilisés contre la LRU (syndiqués ou non) redoutaient : des facs à deux vitesses.
Les projets choisis par la commission de 8 personnes (comprenant des représentants de grosses sociétées) ne sont pas là pour faire du social, mais pour récompenser les projets les plus compétitifs. Pourquoi donc iraient-ils aider les universités qui en ont besoin ?
C'est le principe de compétition qui est à la base de l'opération campus, dans lequel tous ne partent pas à égalité, et où la plupart (surtout ceux qui auraient le plus besoin d'aide) sont laissés sur le bord de la route.

Au final, l'état a vendu 3,5% d'EDF, pour donner des fonds aux universités qui en ont le moins besoin.
(On va me dire que je ne sais que contester, mais) je pense qu'il faut rejeter le plan campus dans son ensemble. Le ministère avait bien précisé, depuis le début, que toutes les universités n'auraient pas accès à la manne financière (de la même manière que tous ne profiteront pas des heures de cours supplémentaires du plan "réussite en licence"). Il faut éviter d'entériner ou de se réjouir d'une réforme baclée et créatrice d'inégalités !

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Colas (./4) :
C'est exactement ce que les étudiants mobilisés contre la LRU (syndiqués ou non) redoutaient : des facs à deux vitesses.


tu es d'accord pour dire que le plan campus a rien à voir avec la LRU (puisque annoncé en décembre alors que LRU votée en aout)?
Colas (./4) :
Les projets choisis par la commission de 8 personnes (comprenant des représentants de grosses sociétées) ne sont pas là pour faire du social, mais pour récompenser les projets les plus compétitifs. Pourquoi donc iraient-ils aider les universités qui en ont besoin ? C'est le principe de compétition qui est à la base de l'opération campus, dans lequel tous ne partent pas à égalité, et où la plupart (surtout ceux qui auraient le plus besoin d'aide) sont laissés sur le bord de la route.


tu as raison. je regrette très vivement que ce soit seulement des appels à projet qui mettent les universités en concurrence qui ait été le mode utilisé.
Colas (./4) :
Au final, l'état a vendu 3,5% d'EDF, pour donner des fonds aux universités qui en ont le moins besoin.


oui et non, ça dépend desquelles.

Aldaran (./3) :
pendant ce temps, le projet de campus numerique propose par l'universite europeenne de bretagne a ete retoque, mais ca tout le monde s'en fout...

aldaran, tu t'informes très bien sur l'actu de l'UBS, c'est très bien! si tous les étudiants pouvaient faire comme toi!
pour te répondre, je ne m'en fous pas, je suis élu au CA de l'UBS donc je me précoccupe de la vie de mon établissement.
en revanche, je trouvais le projet peu intéressant, car faire un campus à haute technologie, on ira d'une manière ou d'une autre, et je préfèrerai que l'argent aille dans des projets de rénovation de batiments universitaires ou de résidences crous par exemple, afin de corriger les inégalités, au lieu de les aggraver comme cela risque d'être globalement le cas.

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[cite] sua31 (./5) :
Colas (./4) :
C'est exactement ce que les étudiants mobilisés contre la LRU (syndiqués ou non) redoutaient : des facs à deux vitesses.


tu es d'accord pour dire que le plan campus a rien à voir avec la LRU (puisque annoncé en décembre alors que LRU votée en aout)?[cite]

Le plan campus, comme la LRU, menacent de créer des universités à deux vitesses ? Alors bien sur, même s'il n'y a pas de lien de filiation directe, ils sont quand meme tous les deux marqués par la meme politique gouvernementale de mettre les universités en concurence.
Mais effectivement, l'opération campus est surtout une récompense pour les universités les plus promptes à suivre la voix fixée par le gouvernement (avec l'argent public, quelle ironie ...).

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Je me permet de faire remonter le sujet. Autant ne pas se laisser avoir par les effets d'annonce !

Rétrospectivement, maintenant que les projets du plan campus ont été choisit, peut-on dire qu'ils l'ont été sur des critères de délabrement des bâtiments, ou bien l'argent public d'EDF est-il allé aux universités porteuses des "meilleurs" projets, les plus concurentiels ?

En bref, le plan campus a-t-il réellement servit à rénover les facs ? Ou bien s'agissait-il d'une vaste fumisterie pour verser de l'argent aux meilleures facs ?
Je pense qu'il faut arrêter de faire semblant de croire aux promesses du gouvernement, alors qu'on sait très bien qu'il ne les tient pas, que son objectif est la création de facs à deux vitesses. Je préfère être réaliste, quitte à toujours devoir critiquer...