Paranoia Agent 1-13
Tsukiko Sagi est une dessinatrice devenue star grâce a son chiot rose Maromi, véritable coqueluche des grands et des petits. Un soir, elle se fait agresser par un gamin avec une casquette rouge et des rollers dorés, qui porte une batte de base-ball dorée tordue. Une série d'agressions toutes perpétrées par "le petit batteur", comme il sera appelé, va alors s'initier, emportant dans sa vague de folie grandissantes les rumeurs de la population débile, la société schizophrène, un journaliste pourri, le vieil homme qu'il a renversé, un gamin arrogant, son professeur particulier, étudiante et prostituée, le souffre-douleur de la classe, un policier-maître-chanteur pervers, sa fille, une vieille sans-abri, un gosse qui admire "le petit batteur" et deux officiers de police, l'inspecteur Maniwa et le commisaire Ikari (notez le sens de son patronyme, qui est lié à son caractère). Un véritable typhon mêlant regrets, télévision, société, jeux vidéo, mesquinerie, paranoïa, démence et maux réels poussera Tokyo au bord du gouffre alors que les suicidaires se mettent au vert avec les petites filles et les homos, et que Shounen Bat (son nom en japonais) devient de plus en plus puissant, dévoilant sa vraie nature, et que Tsukiko se laisse aveuglément guider par sa peluche de Maromi, qui lui parle et fait la loi dans sa tête. Mais qui est fou et qui ne l'est pas ? qui peut se dire réellement ancré dans la dure réalité toute entière sans jamais avoir envie de faire marche arrière ? Vous n'êtes pas paranoïaques ? Ce n'est pas pour ça que tout le monde n'en a pas après vous... et que penser quand vous êtes policier, et que les victimes de Shounen Bat, toutes aux abois au moment de l'agression, se diront finalement soulagées d'avoir été cognées ?
Scénarisé par Seishi Minakami (Boogiepop Phantom), critique rude et sans pitié de la société japonaise, qui, malgré les préceptes du samouraï -sur lesquels elle prétend s'appuyer, encourage la lâcheté et les mensonges pour protéger les apparences et brise au nom du consensus social les gens qui s'affirment, Paranoïa Agent utilise la métaphore, travaillant autant sur les jeux de couleurs que sur les images elles-mêmes, et le rythme, empruntant l'ambiance de Perfect Blue (avec qui il partage le même réalisateur, Satoshi Kon) et de Lain selon les moments, en arrivant aux raz-de-marée dévastateurs à la Gainax; Satoshi Kon s'attaque à tout : la société-machine qui caractérise tant Tokyo et le Japon d'après-bulle, les idol-gals, les innombrables perversions et déviations que le Japon tolère sans jamais ouvertement en reconnaître les débordements, et s'attaque aussi au douloureux problème de la dépression nerveuse au Japon, qui n'épargne personne tant la culture "traditionnelle" implique une profonde auto-destruction pour se conformer a un modèle social "acceptable" (mais qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre...). Une série très brutale, parfois hilarante car totalement à contre-pied, un générique hypnotique ("Aaaaah, quelle belle journée où les oiseaux chantent et où on rêve sur les bancs, de drôles de nuages dans le ciel, le soleil filtre à travers les arbres, ne pense plus à tes soucis et aux raz-de-marées" sur fond de gens qui rient hystériquement, puis un vieux en smoking sur la Lune qui rit pendant que la Terre explose de partout...) et en plus entraînant et mélodique, une réalisation stupéfiante, avec une animation soignée, bref une série que je place haut dans ma collection. A noter, la façon dont quelques épisodes sont orchestrés, aussi bien du point de vue narratif que pictural, on a l'impression tangible que tout se casse la gueule.
Grandiose.
A regarder à vos risques et périls...
Bon, faut que je regarde Perfect Blue moi maintenant...

"- Nigga you know what the fuck I want, nigga: I want your motherfuckin' Daytons, and your motherfuckin' stereo! And I'll take a double burger with cheese!
- WHUT?"
I LOVE TO HATE/I HATE YOUR LOVE -AND I CAN'T FEEL AFFECTION FOR PEOPLE LIKE YOU!
CAALGOOONNNNN [TELLMESOMETHINGIDONTKNOW SHOWMESOMETHINGICANTUSE PUSHTHEBUTTONSCONNECTTHEGODDAMNDOTS] (Si Dieu existe il doit me détester...)