N'y a t-il pas une autre explication aux chiffres 2006-2007 des camembergs ? ce que je vois pour ma part, c'est que Nintendo sort du concept croix-boutons qui domine le jeu vidéo depuis le début (avec des évolutions purement ergonomiques : joystick (bien qu'il soit antérieur au paddle), gachettes, boutons flipper) avec de nouvelles approches comme l'écran tactile et la wiimote. Il y en aura pour me taper sur les doigts, "ce n'est pas nouveau", mais ils ont su l'exploiter (l'imposer ?) suffisamment pour attirer les gens.
Qu'est ce qu'apporte ces changements ? déjà, un virage important à l'éternelle "guerre de puissance" depuis le début de la guerre des consoles, à celui qui affichera le plus gros score à 3DMark (ou 2DMark pour l'époque

). L'immersion, ce n'est pas simplement des textures plus fines et des bruitages en 5:1, c'est aussi se sentir réellement acteur du jeu, que le corps agisse et ressente en symbiose. L'expérience l'a déjà prouvé avec un gadget qui est devenu depuis une norme : le kit vibrateur. Peut-on imaginer aujourd'hui une manette qui ne vibre pas et fasse ressentir vraiment au joueur l'impression d'encaisser un coup ? La DS permet de saisir l'espace en 2D, la Wii en 3D.
Mais une autre chose rapport à ces chiffres : Nintendo s'est attiré un autre public de cette façon, à savoir les filles (qui ont longtemps été considérées comme minoritaires dans ce genre) et les générations plus âgées (encore plus absents : ceux qui s'y trouvaient étaient principalement ceux qui ont grandi avec). Nintendo relâche le concept "console = gamer" et devient un objet de groupe, un "jeu de société" au sens propre du terme : un objet pour tout âge et pour toute la famille. Il n'y a qu'à voir les pubs de jeux multis pour Wii : ça allume la console pour une petite partie entre potes, on se marre bien entre deux bières. On est loin de la classique image du gamer qui joue dans une pièce sombre face à lui-même, le genre à gueuler si on le dérange pendant ses exploits.
Si Microsoft n'est pas entré dans la ronde face à Sony, c'est parce qu'ils visent le même objectif. Or, Sony est au Japon ce que Renault peut être à la France : une fierté nationale. Sony est un leader dans son domaine, l'image de ce qui se fait de mieux question high-tech sur l'archipel nippon. Il est normal (disons chauvin) que les japonais y préfèrent la boite noire à la verte. D'autant que si les consoles peuvent se prétendre équivalentes en guerre de puissance, les jeux qui s'y trouvent correspondent à un public bien différent : japonais pour Sony, occidental pour Microsoft. Et on sait tous que les caractéristiques d'une console n'ont absolument aucune importance (sauf si on l'achète pour se payer un lecteur blu-ray "pas cher"), seuls les jeux en font son intérêt et sa réputation (d'où l'importance des exclus).