C'est marrant, j'ai envie que ce projet se casse la gueule. Parce que question "nous sommes le renouveau", c'est pas vraiment ça.
Déjà, qu'on ne vienne pas me casser les noisettes à dire que "les amis, la famille ont du mal avec les ordis" quand l'interface qu'on nous présente est le croisement d'un système solaire et d'un réseau de bactéries. Rien que les screens de l'accueil, j'y vois quatre jolies boules texturées... je fais quoi avec ça ?
Ce n'est pas du sarcasme de dire que Microsoft a fait un beau travail en inventant "le menu Démarrer" (c'est écrit dessus). C'était simple mais bienvenue qu'Apple écrive sur sa barre de déverrouillage "Slide to unlock". Qui va deviner ce qui faut faire ici ?
Ce que je vois là, c'est un Raspberry dopé avec écran tactile auquel on a collé un OS à l'interface new-age qui se connecte automatiquement à un unique serveur de cloud, ce qui constitue potentiellement une énorme bulle de données (le cloud-computing non-maîtrisé, je suis contre). Visuellement cela ressemble à une grosse smartwatch sans bracelet. "Collaboration, synchronisation" dont ils parlent fièrement, en s'adressant à un public qui, manque de bol (vu le gadget, c'est ce public que je vois), connaît déjà le cloud, les services de travail collaboratif en ligne, git et consorts, Google Docs...
Et pour cela, il s'agit de payer un abonnement mensuel, avec en plus la promesse de ne pas avoir de frais de suppléments d'achats, in-apps, etc. Pour les devs, la rémunération se fait en proportion de l'utilisation de leurs programmes. Mwai.
Ça ressemble au système économique de la musique en streaming en somme. À ceci près que quand un utilisateur écoute une musique X catégorie "rock", elle écoute plein d'autres musiques rock à côté, et à un rythme potentiel de 10 à 20 par heure. Quand un utilisateur utilise un logiciel X catégorie "traitement de texte", il y a peu de chances qu'il zappe peu après vers un autre logiciel de traitement de texte. Il n'y a que les jeux qui risquent de profiter d'un brassage régulier par les utilisateurs tandis que les softwares seront rapidement fixés. C'est en fait le modèle économique Spotify adapté au marché des apps smartphone.
Et cette vidéo... je n'en peux plus, j'ai envie de frapper à coups de batte. Je ne supporte PLUS ce côté "nous allons révolutionner vos vies" avec une succession de messages des principaux personnages du produit en alternant deux plans (plan américain, gros plan, deux angles différents) en plus d'y entrecouper le produit en question, avec la petite musique mystique derrière, ET EN PLUS dans une faible luminosité pour ajouter un côté "trailer de film". Ah ça la com' vous avez bossé, on dirait un tuto "Comment préparer votre vidéo Kickstarter".
Enfin, cela s'achève en apothéose avec une liste de points pour expliquer que, comparé au reste de l'industrie du modern-computing, eux sont les gentils qui n'en veulent pas à votre argent ou vos données persos (quel paradoxe pour un produit qui veut demander un abonnement mensuel et de lui confier techniquement tout le contenu du disque dur).
We are not a slogan, a document, or a logo.
Disent les mecs qui veulent tellement se démarquer techniquement qu'ils conçoivent une interface plus graphique qu'intuitive (le genre qui semble se maitriser par du trial-and-error).
Vous pouvez appeler Kevin, ce n'est pas open-source.
Enfin, ajoutons qu'en plus de l'abonnement de 20€/mois (bien sûr, pas de paiement, plus accès aux données stockées, on vous conseille "passez sur Dropbox ou Owncloud"), l'appareil en est pour ~450€. Ça fait un poil cher pour un gadget qui ne pourrait (pour l'heure) pas être reconfiguré pour une utilisation en cloud privé, ce pour quoi ça pourrait commencer à m'intéresser.