Folco > j'ai un grand respect pour les combattants, et un relatif respect pour les militaires en général. Maintenant j'ai l'impression que tu plaques une vision (très légèrement idéalisée

) des militaires français (old-school, limite aristocratique) sur tous les militaires du monde entier.
Désolé mais aux US ils ont été très pompier presque à chaque fois ( ça fait seulement quelques années que, dans un double bourbier, ils commencent à se calmer), dans l'essentiel des pays du monde ils sont simplement aux ordre du mec qui paye la solde/leur permet de choper du butin, et ils s'en contre-branlent que celui-ci soit un horrible dictateur criminel etc.
En gros j'ai pas le temps, mais j'aurais envie d'élaborer une dichotomie entre deux catégories de militaires, en forçant le trait :
-La classe militaire aristocratique (tradition européenne, et plus).
Elle défend ses intérêts, à la fois de classe et de puissance, mais surtout de puissance envers l'extérieur : souvent ses intérêts militaires convergent avec ceux de la population sur laquelle elle règne. Elle a le goût de l'honneur, de la bravoure, du duel équitable, et parfois même du sacrifice. Elle aime les combattants courageux mais n'a pas le goût du sang, elle se rendra raisonnablement quand elle commence à perdre une bataille pour sauver ses hommes, signera une paix équitable plutôt que d'éterniser une guerre, traitera correctement les prisoniers, et s'en prendra généralement peu aux population civiles. Elle conçoit l'ennemi comme un autre être humain et respectable, la guerre est simplement un moyen de régler des intérêts divergents, au fond les hommes sont simplement pris dans l'éternel tragique des affrontements de puissance. N'ayant pas uniquement des intérêts militaires mais aussi des intérêts civils, ils sont naturellement modérés.
On pensera évidemment à l'ordre guerrier de Dumézil, à la haute antiquité, au haut et moyen moyen-âge évidemment, etc. (mais ça se retrouve aussi en dehors de l'europe)
- La classe militaire prolétarienne.
Généralement sélectionné pour la première ligne grâce à leur manque flagrant de QI ou un appât du gain éhonté* (ie vol, viol, pillages), un tel personnel doit être bien discipliné, afin de servir de bon zélotes qu'on envoie en a-click se faire massacrer, histoire de prendre goût au sang. Typique des périodes de début de décadence où l'armée se massifie en même temps qu'elle se paupérise, ce classe de pauvre bougres désorientés est souvent dirigé par la pire espèce de carriéristes psychopates, démangés par la volonté de puissance, genre Staline ou César, ces mecs capables d'envoyer des millions de gens dans leur tombe à la seule fin de leur gloire personnelle, le genre de personne prêt à foutre leurs pays à feu et à sang, à coups de guerres civiles, afin d'obtenir le pouvoir suprême. La volonté de puissance sans limite, c'est Hitler.
Bref tu auras deviné que j'aime la première et déteste la seconde, et si la première est nécessaire la seconde est des millions des fois plus dangereuse. Aujourd'hui on est dans une période un peu mixte, la relative professionnalisation des armées (en temps de paix) ayant remis un peu de la première catégorie dans une époque qui s'est vautré dans la seconde depuis deux siècles. Il n'empêche que le progrès technique en matière militaire est très préoccupant : à une époque un chef super belliciste levait son armé de 150 chevaliers et allait embêter le seigneur voisin, un petit champs de bataille plus tard avec 25 pour cent de morts et on était tranquille pour quelques années. Au pire du pire il pillait un ou deux villages. Aujourd'hui si la mauvaise personne arrive au mauvais endroit (et ils ont très souvent tendance à le faire en régime "démocratique" parlementaire), il a un bouton rouge sous la main qui lance plein de super nukes. (pour simplifier, hein). Sans même parler des autres options sympathiques (armées bactériologiques, chimiques, etc.)
*: Il faut avouer que la période totalitaire moderne, tout en interdisant le port d'armes et les milices, a inventé la réquisition de masse avec fusil dans le dos. Progrès notable par rapport à l'époque romaine où l'on demandait encore aux mecs qui crevaient la dalle de devenir volontaires. Bref l'empire romain bien plus démocratique que nos pays contemporains, sur un sujet de vie ou de mort.