Non au féodalisme financier
« NOUS SOMMES EUROPÉENS DE COEUR ET DE RAISON. NOUS AIMONS L'EUROPE. C’ EST POURQUOI, COMME ON LE FERAIT AVEC SON MEILLEUR AMI, IL FAUT LUI DIRE « NON » SI ELLE FAIT FAUSSE ROUTE. C’EST LE CAS AUJOURD HUI. NON À LA « CONSTITUTION » - PIÈGE ! »
FAISONS DE L EUROPE LE LABORATOIRE DU FUTUR PAR JACQUES CHEMINADE
La « Constitution » qu on nous propose, un machin de 448 articles, 36 protocoles, 2 annexes et 50 déclarations, promeut dans sa partie III « une économie de marché ouverte où la concurrence est libre ».
C’est la liberté offerte au loup dans la bergerie, l’avantage du plus fort au profit du court terme. Le système européen de banques centrales institue la dictature de la monnaie sans pilote politique ni contrôle citoyen.
La défense européenne, soumise à l OTAN, vise à imposer cet ordre injuste avec des interventions sur des théâtres extérieurs, non à protéger notre territoire. Qu y a-t-il de différent entre la logique de ce texte et celle des néo-conservateurs américains ? La réponse est apportée par José Manuel Barroso, Neelie Kroes, Charles McCreevy ou Peter Mandelson, les commissaires européens ultra-libéraux qui soutiennent l'administration Bush et ont soutenu sa guerre contre l’Irak.
Un grand projet mobilisateur Dire « non » à un ordre injuste et prédateur ne suffit cependant pas.
Pour vivre ensemble, il faut tenir une feuille de route :
1) Créer 20 millions d’emplois qualifiés par un grand programme d’investissements lourds de l’ordre de 1000 milliards d’euros par an au sein de l’Union et au-delà, en Eurasie, en Afrique et dans l’Asie du Sud-Ouest. C’est une politique de pont terrestre eurasiatique, joignant l’Europe occidentale à la Chine et à l’Inde, avec la Russie et la Turquie pour trait d’union.
2) Assurer l’avenir par un grand programme européen de recherche, y consacrant 5 % du produit intérieur brut de chaque pays, avec un fonds de démarrage de 200 milliards d euros.
3) Enterrer à tout jamais le « stupide » pacte de stabilité et le remplacer par un pacte de développement fondé sur l’émission de crédits publics en faveur de grands travaux, en utilisant le pouvoir de l’Etat pour éliminer toute spéculation financière.
4) Annuler les articles 104 et 109 du traité de Maastricht et la loi française n°93 du 31 décembre 1993, votée en application de l’article 104 ci-dessus, qui interdisent à l’Etat d’émettre le nécessaire crédit public.
5) Imposer une politique d’harmonisation par le haut des conditions sociales et de santé publique en faveur des individus et d’harmonisation fiscale en faveur des entreprises, sans laquelle il ne peut y avoir d’égalité des chances.
6) Remplacer pour cela le système européen de banques centrales par une association des banques nationales de chaque Etat, rassemblant leurs ressources pour servir le projet commun, sous contrôle citoyen. Ce point est essentiel pour que les Etats puissent arracher leur pouvoir aux cartels financiers.
7) Promouvoir un nouveau Bretton Woods qui, en établissant un système monétaire international de parités fixes entre monnaies, permette une stabilité dans les anticipations, exclue les bulles spéculatives et mette fin au système de changes flottants du FMI.
Il y a urgence. Les politiques d’austérité financière appliquées aujourd’hui en France et en Allemagne sont semblables à celles de Brüning (1930-1932) et de Laval (1931-1932 et 1935-1936), qui ont fait le lit de l'hitlérisme et du pétainisme. Faire notre choix n'est pas simplement choisir une autre politique ou créer des emplois qualifiés. C'est, plus fondamentalement, sortir d'une conception comptable et financière du monde pour aller vers une conception de changement, de transformation, d'amélioration de l'environnement humain. C'est faire revivre l'espérance.
Nous combattons partout dans le monde pour cette conception, et en particulier aux Etats-Unis, où l'enjeu est décisif, avec la faction LaRouche-Roosevelt du Parti démocrate et un mouvement de jeunes qui renoue avec une culture de la découverte. En Italie, sur notre intervention, la Chambre des députés examine les conditions d’un nouveau Bretton Woods. Chez nous, le débat sur la Constitution européenne offre une chance inespérée de promouvoir une ambition collective. Imaginons les chercheurs, les savants, les ingénieurs et les travailleurs de tous les pays européens rassemblés dans la réalisation d'un grand projet fédérateur, à la pointe des découvertes et de leurs applications, pour le bien commun non seulement de l'Europe, mais aussi de tous ses partenaires! Imaginons une grande politique de développement du tiers monde et une grande politique d'exploration spatiale conjuguées! Par delà les compromissions des uns et des autres, que le duo Hollande-Sarkozy a illustrées avec éclat en première page de Paris-Match, le peuple français doit donner l'exemple. Pour que l’Europe, après le 29 mai, devienne laboratoire du futur.
Retrouvez cette déclaration de Jacques Cheminade (candidat à l’élection présidentielle de 2007) sur le site http://www.solidariteetprogres.org

Johnny Hallyday vs Jacques Cheminade, round one, FIGHT


