la définition de populiste
Les dictionnaires ne connaissent pas ce mot : il n'est pas dans le Littré, et le petit Robert et le Larousse se contentent d'en faire une école littéraire de l'entre-deux-guerres.
Le populisme est historiquement un mouvement populaire de gauche qui ne croyait pas en la lutte des classes, et qui a existé à la fin du XIXème siècle et au début du XXième siècle.
En Russie, dans la seconde moitié du XIXième siècle, le populisme regroupait pas mal de mouvements opposés à l'absolutisme du tsar. C'était un mouvement progressiste, une sorte de précurseur du socialisme russe. Il a débouchés sur des courants politiques variés, dont l'un prônait la lutte violente contre le pouvoir.
Aux Etats Unis, le parti populiste défendait les intérêts des ouvriers agricoles victimes des crises économiques. Il présentait des candidats aux élections présidentielles. Son apogée se situe à l'époque de la première guerre mondiale. En 1890, un des leaders du parti populiste a créé le parti socialiste américain.
Le populisme n'existe pas et n'a jamais existé en France, sauf marginalement au début des années 30. Ce mouvement fut étouffé assez vite par les communistes et n'a pas suscité d'adhésion.
Dans les discours politiques modernes, le mot populiste n'a aucune signification. C'est un de ces termes de rhétorique politique qui servent à exprimer non pas un sens rationnel, mais un rejet émotionnel : on range dans la catégorie populiste tous les gens qui ne plaisent pas.
L'un des hommes d'état qui a été probablement le plus durement qualifié de populiste, c'est Charles de Gaulle en 1962, au moment du référendum sur l'instauration de l'élection présidentielle au suffrage universel direct. Tous les petits pouvoirs intermédiaires, toutes les notabilités qu'il court-circuitait de fait en instaurant une élection directe s'en sont violemment pris à lui en le taxant de populiste.
Récemment, le mot a été réintroduit dans le vocabulaire politique par Le Pen, dans les années 80, quand il s'est qualifié lui même de populiste, avec une connotation positive bien sûr. Et puis encore plus récemment par les sarkozistes, qui se revendiquent également populistes et s'en félicitent. Du coup on a l'exemple d'un terme de
novlangue qui a deux sens opposés : quand c'est les autres, c'est mal, quand c'est soi même, c'est bien.
Le plus simple serait de cesser d'utiliser des mots qui n'ont aucun sens.