Nil (./4386) :
La cohérence d'une langue n'a rien à voir avec sa beauté
Mais si..
Ce n'est pas tout, mais c'est beaucoup. Tellement.
Nil (./4386) :
Je n'arrive d'ailleurs pas à comprendre ce que tu défends, en fait. Tu aimerais que, à la justification que nous avions dans le passé une langue "barbare", elle reste "barbare" ?
Je disait juste à Napo que se plaindre d'un changement ou deux sous prétexte qu'il est barbare est débile, car à peu près toutes les vraies langues parlées sont des langues barbares faites des patchworks millénaires, et c'est juste à l'occasion que quelques intellos et du pouvoir (par politique cultuel ) décident unilatéralement que c'est une belle langue évolué. Je caricature à peine..
T'a lu un peu de travers mon
./4385Je reconnais que ça parait ambigu, peut-être, d'utiliser les mots que j'utilise pour dire que barbare ou civilisé, c'est questions de trois réformettes théoriques et d'un politique culturelle: c'est la même chose dans le fond. Je disais que c'était l'évolution normal et que la notion de barbare était un truc assez normale.
L'auto-organisation se fait par barbarismes successifs, par exo-darwinismes des mèmes qui dérivent, comme dirait l'autre.
Nil (./4386) :
C'est vrai que tout ça n'a probablement servi à rien et que la masse littéraire, philosophique, les libertés acquises grâce à ce formidable outil, ne mérite pas qu'on accorde un peu de respect à nos langues...
Mais justement c'est par ce que j'adore la langue et le parlé que j'en ai mare qu'on la séquestre autant !
D'ailleurs je suis complément d'accord sinon: le support de l'information (parole -> écriture -> imprimerie -> numérique ) joue un rôle absolument majeur dans le développement des civilisations et de l'humanité.
Nil (./4386) :
Il ne faut pas oublier qu'une langue est à l'image d'une société (dans sa construction, sa syntaxe, les codes et les images qui sont employés), mais aussi qu'une langue façonne elle-même la société
Donc imposer brutalement une langue, comme l'a tant fait et le fait toujours autant la France, c'est du totalitarisme. (dans le bon sens du mot, celui d'Arendt mais un peu poussé..). Ha je dis çc je sais bien que l'Histoire n'est pas morale et que répondait à d'autres impératifs (et ça a bien marché..) historiques...
Mais bon voilà la justification morale de cette tradition, je trouve ça difficile (sauf à faire comme Hippo à considérer que c'est le moindre mal néccéssaire pour ce magnifique état-nation qu'est la France qui sauve ensuite l'humanité touça.. )
La dictature de la langue, ça m'énerve. Tu disais bien que c'est un élément primordiale de notre liberté, de notre raisonnement... on devrait vraiment pouvoir la posséder, la maitriser, se l'approprier, se la modifier..
Nil (./4386) :
Lorsque je lis ton opinion sur le sujet, j'ai l'impression que ton désir profond est de supprimer tout langage construit, quitte à revenir à des systèmes de communication primitifs
Voilà alors deux phrases plus haut tu me disais que les langues les plus belles étaient les moins structurées, les moins construites, les patchworks les plus affreux, et maintenant t'accuses celles qui ne sont pas structuré par un grammaire inventé après-coup d'être primitives..
Bon je force le trait et suis presque de mauvaise foi, oui . Faut dire que t'a répondu sur un qui-proco (ton interprétation du
./4385 ), donc bon..
L'article que je linkais – un peu long, certes – est bien plus modéré et y va tranquillement. Si t'a 10 minutes..
Nil (./4386) :
very (./4385) :
(t'a déjà vu d'où venait le système de négation en français ? )
Oui, j'ai assisté à la leçon de Sally. Je trouve ça particulièrement intéressant, et si l'on appliquait ton idéal, on perdrait justement cette trace qui raconte une partie de notre histoire. Tu te fiches peut-être de savoir d'où tu viens, c'est ton droit, mais ne supprime pas ce droit à ceux qui sont curieux de leur histoire.
Tu n'a décidément rien compris. Je vais être simple: je suis pour le laisser-faire, laisser passer. Je suis pour tous les barbarismes possibles, ou plutôt pour que tous soient possible et que soient sacrés sont qui sont utilisés. Je suis pour que l'on arrête de faire du terrorisme intellectuel à cause d'une lettre de différence sur une norme débile qui correspond à du délire absolu de trois rigolos. Faut dire que la mode 'scientifique' était à ça, les inventaires à la Prévert des peuples, ethnies et mots, les catégorisations fixés du monde qui ne nous apprenaient finalement pas grand chose.
Partout on a dépassé ça sauf dans la langue.. enfin..
Je sais, tu va me dire que c'est déjà le cas, que depuis 100 ans trois mots ont changé et que les tournures les plus usités diffèrent.. pour lire régulièrement des vieux textes, je peux te dire qu'il y a plus de différence de langage parlé en faisant 20 km dans la région parisienne qu'en 150 ans de langue académique.
Et oui de toute manière je pense que c'est inéluctable, c'est juste que des armes puissantes comme l'école ou les bouquins peuvent agir..
Après tu va me dire c'est bien d'avoir des conventions touça avec mon système ça fait être 'primitif' ça va être le bordel personne ne va se comprendre etc etc..
Je te réponds, peut-être certes par conviction (mais bon si t'étudies ça de près dans l'histoire doit y avoir des faits relativement objectifs ), que l'auto-organisation libre est la meilleur des répartitions possible, qui optimise exactement ce que les gens ont besoin sans même qu'ils ne sachent de quoi. Si les gens ont besoin de savoir communiquer à très grandes échelle et avec pleins de gens, c'est qu'il y a déjà pleind 'échanges et donc la langue sera suffisament commune.
Si les gens ont besoin de protection et ritualisation sociale de groupe, c'est qu'ils sont assez isolés et que la langue va vite correspondre..
L'auto-organisation permet cette répartition idéale (bon, ça dépend de quoi, c'est pas une optimisation absolue de la fonction somme des besoins en un temlps t, comme tout phénomène darwinien t'a des trucs plus rigolos de dérives, d'inerties, touça. Mais n'empêche que c'est, sauf exception de situation, une très bonne solution ), elle optimise la bonheur. Voilà !