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Je me garde de trop polémiquer sur Kant par ignorance, mais j'aurais tendance à dire qu'il n'est pas libéral du tout, l'impératif catégorique c'est un peu l'inverse du libéralisme... non ?
Pour Michéa par contre je ne le lis pas du tout comme toi. Certes il se débat avec le libéralisme, et malgré sa dénonciation clinique on voit bien que certains de ses aspects le séduisent (mais nous, modernes, sommes tous intoxiqués, rien d'étonnant à ça), d'où son idée de mixer le libéralisme et la
common decency, pour garder les bons aspects tout en limitant les plus mauvais... mais il montre aussi que la
perversion est présente dès l'origine du libéralisme (au moins en puissance), que c'est un tout cohérent qu'il suffisait de dérouler logiquement, que tout vient ensemble.
Il n'y a pas un sens social et un coté économiste, c'est un tout cohérent et symétrique :
je fais ce que je veux et
je suis un être entier et hors-sol, au dessus de toute communauté, de toute frontière, de tout déterminisme, héritage, culture, dette, histoire, les deux affirmations libérales par excellence, s'appliquent de même façon à l'économie et au coté sociétal et privé.
Fin bref pour finir, tout ce qu'il y a à sauver du libéralisme, à mon sens, ce sont des principes et des moyens qui existaient déjà avant-lui, mais qui étaient limitées ou contrebalancées par d'autres, souvent supérieurs, et que le libéralisme a érigés en
uniques principes sacrés, sans contrepartie théorique. ( d'où le coté déchainement de l'hybris évident dans le libéralisme ).
En pratique pendant longtemps, il restait chez les gens, même ceux qui se proclamaient libéraux, des restes de common decency, ce qui limitait plus ou moins la casse. Maintenant que touça s'évapore comme neige au soleil chez une bonne partie de la population, surtout celle d'en-haut, on voit de plus en plus ce que peut donner une société libérale per se, et ce n'est pas très glorieux...