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HippopotameLe 03/06/2007 à 00:53
Titane (./12205) :
Je dirais au contraire qu'il n'y a qu'une infime partie de la population qui peut lire vite (d'ailleurs, il n'y a qu'une infime partie de la population qui lit vite).

Ah la la tu vis vraiment dans un monde d'Hommes Supérieurs et d'Hommes Inférieurs... #tss#
A 6 ans tous les gamins sont des génies, ils ont des capacités d'apprentissages dont nous avons perdu jusqu'au souvenir(sad). Ce n'est pas la méthode d'apprentissage qui déterminera si un enfant lira vite ou non, c'est plutôt l'intérêt que l'enfant portera à la lecture. Un enfant qui lit beaucoup apprendra à lire vite. Un enfant qui lit peut hésitera davantage et sera plus lent. Pour les performances, l'entrainement est beaucoup plus important que l'apprentissage.

La discrimination entre les enfants ne se fait pas sur des capacités innées mais sur l'effet Matthieu.
Et si on supprime la méthode globale syllabique c'est parce qu'elle posait des problèmes à une infime partie de la population (de l'autre côté que l'infime précédente). Si ça c'est pas un nivellement par le bas.....

1) D'abord il y a une confusion : il ne s'agit pas de "méthode globale syllabique", mais de m"thode globale d'un côté, et de méthode syllabique de l'autre. (Et il y a aussi une méthode mixte).
2) Ensuite c'est un peu le contraire : au départ, la méthode globale a été inventée pour les enfants en difficulté.
3) Enfin, si la méthode globale est critiquée, ce n'est pas, comme tu le suggères, pour des raisons élitistes ou au contraire anti-élitistes, mais simplement parce que c'est une mauvaise méthode. Il paraît logique que quand on considère un mot comme un tout indivisible, on comprend moins les mécanismes étymologiques et orthographiques de la langue, et qu'il est plus difficile d'acquérir de nouveaux mots.
4) Les discours politiques sont largement déconnectés de la réalité du terrain : les instituteurs sont libres de la pédagogie qu'ils emploient, et la plupart utilisent des méthodes mixtes qui mêlent le meilleur des deux mondes. (Ceci est aussi une illustration du point d'après : les instituteurs, qui ne sont pas bêtes, ont tendances à utiliser la meilleure méthode disponible.)

Cela dit je n'ai pas suffisament creusé le troll de la méthode global pour avoir un avis clair dessus, je ne sais pas si ce qu'on lui reproche est justifié.
Nil (./12203) :
Je suis pas certain que ça soit le cas pour des langues bizarres genre hiéroglyphes...

Le contexte des hiéroglyphes est très différent du notre de toute façon, il ne s'agit pas d'une lecture réservée à une élite et il est probable qu'on lisait et qu'on écrivait largement moins qu'aujourd'hui.
Par contre, en restant dans le même contexte que la lecture contemporaine du français, on peut citer les langues qui s'écrivent avec des idéogrammes, comme le chinois.
Je ne sais pas ce qu'il en est dans ces langues, mais en tout cas wikipedia indique que même les sourds "subvocalisent", ou en tout cas associent le mot avec des mouvements musculaires...
C'est ce que font les autistes (ils pensent par l'image en qq sorte) et certains sont terriblement intelligents et conçoivent avec leur pensée des système très complexes qu'il faudrait un temps fou pour modéliser sur un ordinateur pour qqn de "normal" par expl.

1) C'est une pathologie.
2) Attention quand même avec le mythe de l'autiste surdoué, un autiste en principe n'est pas un ordinateur.
Hippopotame (./12204) :
Et t'as combien d'exemples d'enfants qui ont appris à lire avec leur parents qui (les parents) n'ont pas été influencés par les méthodes scolaires ?

Il y en a probablement dans certains milieux (familles catholiques aisées qui emploient des précepteurs à chaque génération).
Mais c'est clair qu'on ne trouvera pas de grande variation des méthodes d'apprentissage, toutes se valent à peu près.
Pas du tout.

Cf plus haut.
Et puis l'école cherche l'efficacité dans le sens "tout le monde sait à peu près lire" et pas "ceux qui peuvent liront vite et bien"

- Tous les enfants de 6 ans ont des capacités proches (sauf pathologies mentales / cas exceptionnels). Tous "peuvent".
- Ce n'est pas la méthode qui détermine en premier lieu le niveau de lecture de l'enfant, mais la quantité de mots lus.
- Par conséquent, le devoir prioritaire de l'école à cet âge est effectivement de conduire *tous* à la lecture.
Pourquoi tu dis "à travers le monde" ? Moi voisin et moi on a une façon différente de pédaler. Lui est efficace, moi pas.

Ah?
Tu fais du vélo comment, toi? Tu t'assois différemment? Tu trouves ton équilibre différemment? Tu as une façon de pédaler qui s'éloigne du commun des mortels?
Il n'y a qu'une différence d'entrainement. Le processus cognitif est le même, en particulier le cerveau trouve instinctivement comment maintenir l'équilibre en jouant avec l'inclinaison de la roue avant, ce processus est universel.
Le processus optimal de lexture (tongue) ne peut être celui de l'école puisqu'il y a des stages pour apprendre aux gens à lire plus efficacement après et qu'il est fait pour tout le monde roll

Un tel stage, j'en ai fait un et je peux donc en parler.
L'objet de la "lecture rapide", ce n'est pas d'apprendre à lire complètement et à grande vitesse.
C'est plutôt une technique, dont le but est de lire en abrégé de gros documents. Le but est très différent de la lecture qu'on apprend en CP ! En particulier, quand on apprend à ne pas subvocaliser (ou subvocaliser le moins possible), il s'agit dans le même temps de volontairement perdre du sens.

(ce n'est pas la seule technique, il y a aussi, comme le précise Nil, des exercices d'optimisation du mouvement de l'oeil. Est ce vraiment utile d'enseigner ça à des CP? Clairement non : à cet âge ce n'est pas le facteur limitant de la vitesse de lecture.)
Dès qu'on a une solution de masse on est forcément très loin de l'optimal.

Pourquoi?