Ouais bon la continuité, les différentes formes, la non-unicité, la schématisation générale trop réduite, touça, c'est beau c'est bien mais heu excepté ne rien dire ça ne dit pas grand chose. Enfin si, ça dit d'abandonner les concepts (toujours il est vrai réducteurs et imparfaits), invention pourtant la plus géniale et la plus proprement humaine. ( c'est le concept qui permet de penser, c'est le mème, donc le concept, qui fait que l'on est homme...)
Tu vois quand même que y'a différents moments, différents trucs assez différents. Tu connais bien la fameuse "cristallisation", tant décrite dans la littérature, qui ne dure qu'un temps, et qu'une fois retombée la personne ne nous intéresse plus... tu vois bien le fameux amour des vieux couples heureux, qui est tout de même qqch de très différent. Bon après c'est une question de mots. Tu peux me dire qu'il n'y a pas de poésie et de romans mais de la "littérature" avec une continuité...
J'ai du mal perso à dire que le cristallisation "qui retombe à plat" est est l'amour. Par contre, quand on commence une relation par cette passion et que l'on va plus loin ensuite, oui peut-être là ok on peut dire que il y avait aussi de l'amour, du moins qu'il est né au plus tard pendant. Ou dire que c'était juste la forme de l'amour "au début" si tu préfères.
Je ne veux pas construire un antagonisme parfait entre deux concepts pas liés du tout et chacun réducteur... disons que dans ma vision, l'amour peut commencer par de la passion, mais il y a souvent de la passion sans amour du tout. Pour schématiser....
La passion, c'est une envie très instinctive, animale, qui domine la raison, la submerge, qui se nourrit d'idéal, anhilise la critique, est vraiment une envie physique, etc. Il est à noter que c'est physiologiquement constaté, comme le remarque wikipédia. (la citation première plus haut ).
L'amour contient bien sur aussi de l'irrationnel, mais ce n'est pas un débordement de la raison... je dirais que c'est la raison, qui parce qu'elle admet et accepte quelques points irrationnels (C'est Elle, je l'aime, etc. Enfin, cette
sensation quand tu la regardes... ), n'est pas totalement débordé, mais agit pour et avec en partant de ces points. Contrairement à la passion, on peut être conscient de ses défauts ou des problèmes, et les accepter parce que l'on part de ces points rationnels. On ne l'idéalise pas ( en projetant notre idéal sur elle ) mais, en quelques sortes, parce que c'est elle elle devient notre idéal, elle le définit. L'amour accepte l'autre, aime l'autre, accepte le réal, alors que la passion projette plutôt sur l'autre un fantasme, aime (adore) le fantasme, construit de l'imaginaire.
Cette forme d'amour, quand elle n'est pas superposée à la passion (ce que je veux bien accepter parfois, au début), n'est pas remarquable physiologiquement.
En ce sens, aimer c'est accepter le réel ( avec sa part transcendante ou divine, disons irrationnelle ), alors que la passion, c'est fantasmer du divin et le projeter sur l'autre... ( tu vois mon lien roman/poésie ? )
Bon j'ai un peu caricaturé les deux, on peut bien sûr commencer un vrai amour par une phase fougueuse et passionnée. (et souvent ça passe tout de même souvent de l'un à l'autre, peut-être parce que dès le début il y avait qqch d'autre que la simple passion, ok. )
Tant que l'on parle de ça.... je pense que l'un des gros problèmes de l'époque, c'est justement que l'on confonde toujours les deux. La "passion" (au sens le plus évident, physiologique du terme, disons) reste au plus quelques années fixée sur une personne. Alors si l'on croit que l'amour *est* la passion ( ce qui n'est certes pas vraiment ton cas, pour toi l'amour est tout et n'importe quoi ), les gens croient ne plus s'aimer au bout de quelques années, alors que c'est justement peut-être le moment où ils peuvent le plus se rendre compte de leur amour (en ce qu'il se distingue de la simple passion) , voir qu'il né.
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