Folco (./10885) :
Donne-t-on à l'autre à ce moment-là ? N'est-ce pas plutôt : prends-on ce qu'on veut de l'autre, dans la mesure ou on se fout éperdumment de ce que l'autre prend, tant que nous on prend ?
Bha par exemple si tu
donnes à une fille
ce qu'elle veut (et Dieu sait que bien des femmes ont besoin d'un bon coup de bite), tu ne lui donnes peut-être pas grand chose de toi-même (dans le sens le plus chrétien), n'empêche qu'elle avait besoin d'une prestation extérieur que tu lui as offerte... est-ce purement égoïste ?
Tout dépendra de l'intention, tu me diras. Par exemple j'ai déjà baisé une fille sans trop d'envie pour qu'elle me
foute la paix (ahhh pourquoi j'ai autant trainé avec des hystériques ? ...), donc c'était une démarche tournée vers l'autre être humain, afin de combler un manque en elle. Clairement altruiste, non ?
Bref, ce n'est pas si simple.
De même, le coup du non-égoïsme promu comme dogme dès que la relation est sérieuses/amoureuse/matrimonial ou que-sais-je, c'est très, très discutable. Certaines personnes ont besoin d'une relation de couple stable et "amoureuse" afin de satisfaire leur égo, leur conception du monde, leur incapacité totale à affronter leur propre solitude, et finissent par aimer l'image fictive qu'ils se font de leur conjoint(e), bien plus que le conjoint(e) lui-même. (qu'ils connaissent parfois très mal !)
Peut-il y avoir amour sans idéalisation amoureuse ? Probablement pas, et c'est à la fois la grandeur (vécu de l'intérieur) et le ridicule (vu de l'extérieur) de l'amour.
De l'extérieur, on voit deux personnes qui s'aiment et s'oublient elles-mêmes via l'image faussée qu'elles se font chacune de l'autre, donnant lieu à un festival d'onanisme égotique invraisemblable (
qu'est-ce que je suis exceptionnel d'aimer et d'être aimé par cette fille exceptionnelle !).
D'où la grande timidité que l'on a face à un couple (surtout nouveau) : la moindre référence au monde réel, par exemple sur la personnalité réelle d'un des deux membres, peut complétement briser cette bulle, ce doux délire onirique... (bien que souvent la négation suffit à préserver le schimblik )
Au final, tu questionnes le
rapport sexuel en disant, au fond, qu'il n'y a justement pas de
rapport, mais deux êtres qui prennent chacun leur plaisir physique en usant de l'autre. Mais comme par magie, avec un peu de poudre d'amour, cela devient un vrai
rapport, un truc que l'on fait vraiment en relation avec l'autre, en don de soi, etc.
Je pourrais répondre que pour ma part, je doute qu'il y ait un
rapport amoureux, mais plutôt deux êtres séparés qui prennent chacun leur plaisir psychique en usant de l'autre. Il faut cependant avouer qu'avec pas mal de poudre sexuelle, ça va tout de suite mieux. (au moins il y a un rapport physique, réel. -- et c'est précisément pour ça que l'amour parfait est toujours platonique, pour rester dans les nuages idéaux... )
( 0² -> je t'ai mis de l'italique, et j'espère que tu trouveras des fautes d'orth ! )