vince (./1) :
- Réduction des congés des étudiants afin de gagner un an ou deux sur une scolarité complète
Quel est l'intérêt de la chose ? De faire plus d'heures de cours dans la scolarité ? Deux questions se posent :
- Serait-ce réellement efficace? Il faudrait au moins une réponse étayée par des études, et vu la situation dans d'autres pays (qui tend à la réduction de la durée des journées scolaires), ce n'a pas l'air d'être le cas.
- Pourquoi ça plutôt que d'autres mesures, comme une plus grande spécialisation (comme en Angleterre), ou une augmentation de la durée des études (en Suisse, on passe le bac un an plus tard par exemple) ?
vince (./1) :
- Remise en question du système actuel de bourse pour un système "au mérite" comme ça existait y'a une cinquantaine d'années de sorte que quelqu'un, peu importe son milieu puisse faire des études sans être obligé de bosser à coté pour manger ou se loger
Que faire alors des gens qui sont pauvres et mauvais ? Ils peuvent crever ? Un système de bourse aux revenus, correctement attribuées, permet l'accès de tout le monde à l'éducation, et pas seulement aux gens qui ont des facilités ou un capital culturel important (catégorie de la population surreprésentée sur yAronet, faut il le rappeler). L'éducation est pour moi un droit fondamental, et c'est même un devoir moral d'éduquer la plus grande frange possible de la population. Et ce, indépendemment des débouchés (j'y reviendrai) : l'École n'est pas qu'une étape sur le chemin du travail!
Après il y a certainement des problèmes au niveau des bourses, en particulier pour ceux qui sont juste au dessus des limites, où dont les parents ne veulent/peuvent pas financer les études. Je pense qu'on peut améliorer les choses sans pour autant nier aux catégories sociales qui partent déjà avec un désavantage la capacité de rattrapper ce retard presque inné (la corrélation entre la réussite à l'école et la catégorie socio-professionnelle des parents est *très* importante, et ce dès les premières années).
vince (./1) :
- Calcul du ROI de chaque filière et réduction drastique des fonds alloués au filières sans issues (ce genre de filières ou la seule issue est de devenir enseignant dans ladite filière ou pire, un clone de BHL)
C'est là que je pense notre divergence de points de vue est la plus criante. Pour toi, l'objectif de l'éducation semble être uniquement la formation à un métier. Quid de son rôle culturel ? En France, l'État est le garant de l'accès de tous à la culture et à la connaissance, et cela passe par la possibilité d'étudier un sujet pour son intérêt intrinsèque, voire pour faire progresser la connaissance si on continue à haut niveau, sans pour autant penser à sa rentabilité immédiate.
vince (./1) :
- Retour à 5 semaines de congés pour les enseignants, les semaines restantes (de vacances scolaires) étant dues à l'état (recherche, inventaires, etc...) et si elles ne sont pas faites elles ne sont pas payées
Quel intérêt, à part satisfaire les gens qui regardent ce qu'il y a dans l'assiette des autres et trouvent que « les profs ne foutent rien » ? Déjà, c'est faux : même
le rapport Pochard (sarkozyste) dit que les profs travaillent en moyenne 40h par semaine (et c'est un travail fatigant à la fois intellectuellement (préparation des cours, correction des copies), physiquement (plusieurs heures de suite debout à parler fort), et humainement (les élèves ne sont pas toujours tendres)).
Je ne vois pas l'État demander à des profs (qui ont quand même des qualifications importantes) de faire des travaux administratifs, ce serait risible. Quant à la recherche, déjà que c'est difficile pour un jeune chercheur de concilier sa charge d'enseignement avec sa recherche, il est illusoire de penser qu'un prof puisse ne serait-ce que se tenir au courant de l'actualité scientifique d'un domaine (et donc encore moins y faire de la recherche).
Par contre, pour nuancer un peu, ce que dit arnsy ("Je rappelle que les profs ne sont payés que pendant 10 mois de l'année, mais que ce salaire est réparti sur 12 mois.") est une légende urbaine.
vince (./1) :
- Remise en place des interactions entre écoles, des CAP menuiseries sont tout à fait capables de faire le mobilier pour une école, ça leur fera la main et ça évitera de payer les yeux de la tête un designer hiphop pour ce qui n'est que du mobilier scolaire
Admettons, mais en précisant quelques points néanmoins :
- Tout travail mérite salaire.
- Que faire si les étudiants font du mauvais travail ? Ce ne sont que des étudiants après tout.
- Ça m'étonnerait que les économies occasionnées par ce genre de choses (les dérives que tu cites doivent être assez rares) soient particulièrement substantielles. Mais je serais ravi de voir des chiffres.
vince (./1) :
- Perte du "choix" en cas de manquement aux devoirs envers l'EN, c'est à dire qu'un étudiant qui glande, qui ne vient pas, qui fout la merde, peut être réorienté "manu militari" vers une filière en manque de "volontaires" (comme le bâtiment en ce moment)
Bon, déjà, tu ne peux pas choisir à la place des autres (à moins que tu ne voies ça comme une peine de justice !?). Les expulser du système éducatif, c'est déjà plus crédible, mais c'est interdit jusqu'à 16 ans (et pour une bonne raison que j'ai citée plus haut : le devoir moral d'éducation). Enfin, ce serait considérer des gamins, qui souvent subissent le déterminisme social, comme des gens responsables (et même aux gens responsables, on donne des secondes chances) : ça n'a pas de sens. Enfin, une mesure de ce genre reviendrait à envoyer directement ces gamins au chomâge, sans passer par la case départ ...
Par contre je suis tout à fait d'accord qu'il serait bon de revaloriser les filières professionnelles, pour qu'elles ne soient pas vues comme des sous-filières. C'est très difficile de changer les mentalités à ce sujet, mais il faut tout faire pour.
vince (./1) :
- Fin des rachats au rabais des années dues par les polytech & co à l'état quand ils passent dans le privé, et au contraire, majoration de celles ci, l'état a le droit de se faire un peu de marge sur son investissement, et si ça permet de former d'autres, c'est aussi bien
Bon, déjà, ça fait quelques années que les polytechniciens ne doivent rien à l'état.
Ensuite, il faut être cohérent. Par exemple à l'ENS, on réduit les postes dans les principaux débouchés de l'école (recherche et éducation). Comment veux-tu forcer des gens à travailler pour l'État si l'État ne veut pas les recruter ?
Enfin, ce serait une stimulation économique très négative. Forcer les polytechniciens à passer 10 ans au service de l'État, ça reviendrait en gros à envoyer nos meilleurs élèves dans les facs étrangères, qui ne les forceraient pas à faire ce genre de choses. Autant les former chez nous, et leur laisser la possibilité de bosser pour l'État pour certains, et dans une entreprise Française pour la majorité (ce qui est bon pour l'économie).
vince (./1) :
- Arrêt des 80% du bac pour revenir à un diplome qui en soit un (et pas être obligé d'aller à bac+5 pour faire contractuelle, même si je sais que ça réduit artificiellement le chômage)
C'est le problème de la loi de Goodhart citée par Hippo dans un autre topic, c'est vrai. Mais dans le fond, l'objectif d'amener le maximum d'élèves à terminer une formation de base est sain, malgré la perversion liée à la focalisation sur *un* indicateur statistique. La revalorisation des filières professionnelles permettrait d'aller dans ce sens, j'en suis convaincu.
vince (./1) :
- Mise en place d'un service d'état de bourses pour non boursiers de sorte que les prêts étudiants ne soient pas gérés par des usuriers privés
Je trouve que le prêt à l'anglaise cité par souane a l'air génial

Spipu (./8) :
malheureusement, c'est bien à cause de ce point qu'on avance jamais dans ce pays de m####, de glandeur, et d'égoïste...
Tu l'aimes ou tu la quittes ?
