Fadest (./15) :
Le problème du STE, c'est qu'il apportait (vraiment) trop peu et (vraiment) trop tard par rapport au STF.
Pour apporter un petit éclairage différent sur cette histoire, je voudrais souligner le rôle des commerciaux d'Atari qui étaient quand même d'énormes pipoteurs. Les (ir)responsables d'Atari France atteignaient des sommets parait-il. [Je me souviens encore de Gérard Kany (APAK, support technique Atari France) qui en parlait.] Très décriés techniquement (juste vendeurs, ils y connaissaient rien), ils étaient passés maîtres dans l'art de faire buzzer les rumeurs au trois quarts bidons... [Il suffit de voir l'enquête STmag sur le catalogue bidonné de softs Atari.]
Atari avait misé sur le vite-fait-mal-fait, tout sur le
time-to-market. En arrivant les premiers, ils ont vraiment coupé l'herbe sous le pied de l'Amiga... Du moins à court terme. Ca a fait illusion quelques années, et c'est déjà pas mal. Aujourd'hui, on observe le long terme, et bien sûr, l'Amiga l'emporte. Mais dans le fond, c'est déjà du bol que l'aventure Atari ST ait eu des suites jusqu'à la sortie (et l'abandon immédiat) du Falcon en 1993.
Le ST était donc un jackintosh copier/coller vite fait, et plus j'avance dans WikiPendium, plus je me rends compte que le TOS étaient un OS vite torché. Si cpm/68k avait été un tout petit peu plus rapide, ils auraient pas hésité à grignoter sur les coûts de développement du GEMDOS. Et même pour créer le GEMDOS, ils ont coupé net dans les coûts d'ingénierie en allant repomper les concepts le MSDOS. Le couple VDI/AES ? Fastoche : acheté à Digital Research. Là où ils ont eu du bol, c'est qu'Apple a attaqué DR, et oublié Atari. Une fois le 1er procès terminé, la loi américaine protégeait Atari d'un 2e procès. Ca a l'air de rien comme ça, mais il s'en est fallu de peu que l'aventure de l'Atari ST ne s'arrête là net, totalement morte-née.
A l'inverse, Commodore a investi dans de la cervelle pour imaginer un OS malin et novateur. Ensuite, Atari a eu du bol qu'un type comme Eric Smith débarque d'on-ne-sait-où avec un OS compatible POSIX, et donc digne de ce nom. La machine à repomper s'est alors remise en route chez Atari

... pour donner un truc encore plus lent que CPM/68k à son époque : MultiTOS. Atari avait peut-être encore trop rogné les budgets d'ingénierie, comme à leur habitude.
Pour Atari, tout cela était donc un histoire de choix tactique pour attaquer le marché des micros de l'époque. Ca a payé au début. Et comme ça avait payé, ils ont érigé ça en crédo absolu. L'ancien d'Atari dont la lettre ouverte avait été publié dans les derniers STmag de TdM ne disait pas autre chose. C'était ça le côté obscur du "business is war". Pas le temps de faire le boulot, obligé de bâcler !
Fadest (./15) :
[...] au final, on a eu pour des raisons de compatibilités sûrement, aucun changement [...]
C'était je pense leur stratégie délibérée de "faisons vite-fait", quitte à faire les choses à moitié. Invoquer la compatibilité, c'était la (fallacieuse) justification commerciale. Peut-être qu'ils manquaient d'argent, mais je pense qu'ils avaient été radins sur les coûts de R&D pour créer un véritable successeur au ST.
Fadest (./15) :
Atari n'a pas osé faire évoluer sa gamme plus radicalement
Osé ? A mon avis, ils n'ont même pas
voulu. Leur crédo c'était pas la technique, c'était le pognon.
Ils voulaient continuer à exploter le filon européen, où les gens achetaient des machines low-cost que les américains considéraient déjà bien désuètes.
Fadest (./15) :
le STE n'a pas suffi à rattraper le retard technique sur l'Amiga (rien que de nouveaux modes graphiques et un 68k à 16mhz...) qui se creusait
Tout-à-fait : leur tactique initiale (le time-to-market, faire vite et sortir les premiers) se retournait contre eux parce qu'ils n'étaient
plus les premiers.
Fadest (./15) :
au moment ou ils se sont décidé à faire quelque chose avec le Falcon [...], il n'y avait plus de marché pour cette machine
Oui, c'était trop tard. C'était aussi leur crédo du "faisons vite" qui avait réussi à scier la branche sur laquelle ils étaient assis.
[ul][li]Atari faisait du low-cost hardware ? ils ont eu un piratage software endémique.
[li]Atari faisait du time-to-market pas évolutif ? les PC "extensibles" (soi-disant!) ont raflé la mise.[/ul]
Fadest (./15) :
s'ils avaient été plus radicaux avec le STE, obligeant du coup les boites de jeux qui les soutenaient à l'époque à être plus propres [...]
Je nuancerais légèrement. A mon avis, il faut se démarquer du discours commercial d'Atari qui expliquait que si le Falcon avait si peu de logiciels c'était à cause des programmeurs qui programmaient mal. Ils avaient beau jeu de rejeter la faute sur les autres !
Ce qu'ils ne disaient pas, c'est qu'Atari avait (délibérément je pense) rogné sur les budgets de support aux développeurs, et qu'ils étaient entièrement responsables de la nullité des documentations et des outils.
Fadest (./15) :
Mais quel gachis à l'époque tout de même, enfin, à mon avis.
C'est clair ! Mais comment pouvait-il en être autrement ? Atari était ce qu'il était. Ne sachant se remettre en cause, ce qui a fait sa fortune a également causé sa perte !