Je me pose surtout une question... si jamais, un jour, un conflit éclate entre les USA et l'UE (même sans parler de conflit armé, ça peut être un conflit économique ou industriel) et que se met en place un genre de "Digital Patriot Act" qui impose à toute entreprise US d'utiliser tout moyen possible pour donner un accès à l'ensemble des systèmes numériques diffusés par celles-ci à une quelconque agence US (c'est peu ou prou ce qui se passe avec PRISM, mais mettons que ça soit dans une dimension clairement offensive, avec possibilité de prise de contrôle, de récupération d'informations critiques ou d'altération des données), on aura l'air bien malin quant il faudra "mettre en place des sanctions à l'encontre des entreprises n'ayant pas répondu au marché ou à l'accord-cadre dans le périmètre requis par ledit marché/accord". Surtout si on ne s'en rend pas compte tout de suite (pour ne pas dire jamais).
Il y a plusieurs points, d'ordre généraux, qui me posent problème à l'heure actuelle :
- En faisant du "tout Internet", on a favorisé les échanges, mais on a aussi mis en place un moyen d'asservissement vis-à-vis des USA (gestion des DNS, des adresses IP, des noeuds de raccordements et maîtrise des principaux organismes de certification...). On a bien des infrastructures similaires à celles des USA (Renater équivaut en gros à Abilene), mais pas assez indépendantes au niveau des couches intermédiaires (résolution de noms, certificats...)
- La maîtrise des données confiées à des tiers est nulle ou presque. On ne sait pas comment c'est hébergé, ce que deviennent les matériels en fin de vie (bandes, disques durs...), comment sont échangées les données ni ce qu'elles alimentent. En répondant à la problématique de la décentralisation de l'information par rapport aux problèmes géographiques (incendie d'un bâtiment...) on a recentralisé le traitement et la mise à disposition de cette information en la confiant à une minorité de tiers.
- La mise en place de réseaux et de systèmes totalement isolés en fonction des services, avec une totale décentralisation et des interconnexions gérées par chaque pays en autonomie serait une solution. On aurait différents "Internets", pour les relations diplomatiques, pour l'enseignement et la recherche, pour l'industrie, pour le grand public...
- Un cryptage au niveau non seulement des données mais aussi des URI me semble indispensable à l'heure actuelle, au moins à l'intérieur d'une même zone politique (et, idéalement, entre toutes les transactions)
Mine de rien, avec tous les défauts qu'il avait au niveau protocole, accès, débit, mise en œuvre, le Minitel avait un certain nombre d'avantages. Tout au moins au niveau de la souveraineté de la donnée.

La CIA s'est fait prendre la main dans le sac plus d'une fois en train d'espionner des industriels français ces 50 dernières années, ça m'étonnerait qu'ils se soient arrêtés là alors qu'on place gentiment nos données chez eux ^^

)
un tamagoshi ou une appli sur leur pcs serait tout aussi efficace pour un envoi dans l'espace moins couteux...