

Flanker (./29072) :
Bah non, suffit que tout le monde ne parle qu'anglais
Depuis le début des années 1990, l’expression a fait florès, particulièrement dans le domaine de la linguistique appliquée à l’anglais. L’ouvrage Linguistic Imperialism, écrit par Robert Phillipson, professeur d’anglais à l’université de Roskilde au Danemark, a contribué à populariser le terme. Phillipson définit l’impérialisme linguistique anglophone comme « la domination affirmée et maintenue par l’ordre établi, et la reconstitution continue d’inégalités structurelles et culturelles entre l’anglais et les autres langues ».
Sa théorie de l’impérialisme linguistique s’inscrit dans le cadre de la théorie de l'impérialisme de Johan Galtung et de la notion d’hégémonie culturelle d’Antonio Gramsci. Philippson critique la diffusion historique de l’anglais comme langue internationale et la manière dont elle continue à maintenir sa domination actuelle, en particulier dans un contexte post-colonial comme en Inde, au Pakistan, en Ouganda, au Zimbabwe, etc., mais également de plus en plus dans un contexte qu’il qualifie de « néo-colonial » en parlant de l’Europe continentale.
Le constat de Phillipson est que dans un pays dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, cette langue devient souvent la langue des « élites ». Ceux qui peuvent le parler peuvent accéder à des postes à responsabilité dans les lieux de pouvoir et d’influence, comme aux Nations unies, à la Banque mondiale, à la Banque centrale européenne, etc. Les anglophones de naissance, une fois en poste, parviennent donc à prendre des décisions qui concernent ceux qui ne le sont pas, situation en contradiction apparente avec les prétentions démocratiques de ces mêmes personnes.
Claude Piron, ancien traducteur à l’Organisation des Nations unies et l’Organisation mondiale de la santé et psycholinguiste suisse, renforce ce constat en démontrant dans "Le défi des langues" qu’une véritable maîtrise de l’anglais nécessite 10 000 heures d’apprentissage, soit l’équivalent de six années de travail. Ainsi l’utilisation de l’anglais pour des raisons pratiques comme seule langue officielle des instances de l’Union européenne, ce qui est déjà le cas de la BCE ainsi que pour beaucoup de documents préparatoires aux décisions de la Commission, transformerait la grande majorité des habitants non anglophones de l’Union européenne en citoyens de seconde zone et renforcerait l’opacité du pouvoir d’une classe dirigeante anglophone européenne et plus largement transnationale.
Une frange de partisans plus extrémiste de l’impérialisme linguistique anglophone milite pour une langue et une culture unique, ne retenant que la vision anglo-saxonne du monde, en droite ligne de la croyance religieuse que les Anglo-Saxons seraient le peuple choisi par Dieu pour coloniser l’Amérique du Nord et mener le monde vers la liberté. Dans ce contexte, la volonté d’imposer une langue unique au reste du monde est donc l’expression d’un choix divin.
Pollux (./29076) :
ben c'est très bien de chercher à renverser la tendance (pour wikipedia c'est sûrement faisable à condition qu'il y ait une volonté,
mais il faut voir aussi qu'avec la même volonté en.wikipedia pourrait être bcp plus complète),
mais il y aura tjs bcp de domaines où une langue parlée par 1/60è de la population mondiale ne pourra pas rivaliser avec l'anglais
dualmoo (./29077) :
Les scientifiques l'ont bien compris d'ailleurs. Imaginez un instant un monde où chacun publierait dans sa langue natale.

Laurent Lafforgue, un mathématicien français qui reçut la médaille Fields en 2002, explique que les scientifiques pensent que les mathématiques françaises continuent à être publiées en français à cause de l’exceptionnelle vigueur et de la qualité de l’école française de mathématiques. Il pense que la relation de cause à effet est en fait exactement inverse. Pour lui, c’est parce que l’école française de mathématiques continue à publier en français qu’elle conserve son originalité et sa force. Cette relation ne peut pas être expliquée par la science mais par les conditions psychologiques, morales et spirituelles qui rendent la créativité scientifique possible. Il écrit :
Sur le plan psychologique, faire le choix du français signifie pour l’école française qu’elle ne se considère pas comme une quantité inéluctablement négligeable, qu’elle a la claire conscience de pouvoir faire autre chose que jouer les suiveuses et qu’elle ne se pose pas a priori en position vassale. Bref, ce choix est le signe d’une attitude combative, le contraire de l’esprit d’abandon et de renoncement... Bien sûr, un esprit combatif ne garantit pas le succès, mais il est nécessaire. Comme dit le proverbe chinois, les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne livre pas.
Sur le plan moral, c’est-à-dire sur le plan des valeurs qui est plus important encore, le choix du français ou, plutôt, l’attitude détachée vis-à-vis de la langue actuellement dominante dans le monde, signifie qu’on accorde plus d’importance à la recherche en elle-même qu’à sa communication. En d’autres termes, on écrit pour soi-même et pour la vérité avant d’écrire pour être lu — l’amour de la vérité passe avant la vanité. Il ne s’agit pas de renoncer à communiquer avec les autres : la science est une aventure collective qui se poursuit de siècle en siècle, et même le plus solitaire des chercheurs dépend complètement de tout ce qu’il a appris et continue à recevoir chaque jour. Mais refuser d’accorder trop d’importance à la communication immédiate, c’est se souvenir du sens de la recherche scientifique.
Le plan culturel et spirituel est le plus difficile à saisir, le plus hasardeux. Pourtant, il est peut-être le plus important de tous, celui où il y a le plus à perdre mais aussi à gagner. La créativité scientifique est enracinée dans la culture, dans toutes ses dimensions, linguistique et littéraire, philosophique, religieuse même. Werner Heisenberg, fils d’un professeur de grec et l’un des fondateurs de la mécanique quantique, en a témoigné dans ses écrits autobiographiques, où il insiste constamment sur l’importance de la culture générale, du rôle qu’ont joué dans sa vie de physicien ses lectures philosophiques, en particulier Platon, qu’il lisait en grec. Alors, gardons la diversité linguistique et culturelle dont se nourrit la science.
Tout maître de conférences dans le système d’enseignement supérieur français (et il est loisible de penser que c’est le même cas ailleurs) sait qu’en adoptant le système anglo-saxon de « publish or perish » (publier ou périr), il contribue davantage à la pollution de la littérature scientifique qu’à son enrichissement. De plus, l’obligation de communiquer immédiatement à l’auditoire le plus large possible chaque élément d’une tâche de recherche est utilisée pour justifier l’usage d’une langue unique puisqu’on suppose que tout scientifique, dans n’importe quel domaine de spécialisation, du Kamchatka à Tombouctou, de Hanoï à Mourmansk et de la Terre de feu à l’Alaska, prendra immédiatement les bibliothèques universitaires d’assaut pour avoir le privilège de s’en informer en anglais. Lafforgue pense que cette croyance bloque le développement de la créativité endogène, qui renforce l’hégémonie scientifique exogène et qui transforme petit à petit les ressources scientifiques européennes en sous-traitants de la recherche américaine. Lafforgue dénonce ce prétendu bénéfice de la mondialisation, la dilution du sentiment national et la mobilité qu’elle engendre :
Dans notre monde industriel, nous pouvons penser que la science aussi est devenue industrielle et que nous autres scientifiques ne sommes plus que des techniciens interchangeables... Si nous pensons cela, le destin de la science française est clair : elle tendra de plus en plus à ne représenter dans la science mondiale que ce qu’autorise le poids démographique de la France, c’est-à-dire... un pour cent ! Or ce point de vue est faux ou, plutôt, il ne vaut que pour ceux qui y croient. Depuis toujours, la créativité intellectuelle a été le fait d’une proportion infime de la population dans quelques lieux privilégiés. On ne peut contraindre l’esprit à souffler à nouveau sur notre pays, aussi brillant qu’ait été le passé de celui-ci ; mais une condition nécessaire est de faire résolument le choix de la singularité, de l’approfondissement de notre culture, qui s’est tant distinguée au cours des siècles et dont le cœur est la langue française. Ainsi seulement garderons-nous une chance de rester ou redevenir originaux, de contribuer à la connaissance, et de se maintenir au service de l’universalité.
Un examen attentif prouve qu’il n’existe aucune base sérieuse pour qu’un chercheur ou qu’une équipe de chercheurs doive communiquer instantanément ses résultats de recherche à une autre dans une seule langue scientifique. Dans les faits, on constate que cette tendance a pour origine le fait que des chercheurs contemporains, dont les résultats sont souvent insignifiants, essayent de valoriser leur recherche auprès de leur employeur en faisant partager la responsabilité de leurs résultats avec d’autres équipes. Par ce biais, les chercheurs ouvrent ainsi leurs « parapluies » au même titre que des administrateurs incompétents, qui insistent souvent pour que les décisions importantes soient prises ou entérinées par des comités pour se décharger de leur responsabilité ou la diluer auprès de leur direction.
François Grin, de l’université de Genève (35), estime qu’une égalité totale avec un locuteur d’anglais natif pour atteindre son niveau de compréhension et d’élocution dans un débat ou au cours d’une négociation demanderait à un non natif un investissement d’environ 12 000 heures de cours et d’exercices en anglais. Pour quelqu’un prenant 4 heures de cours par semaines, 10 mois dans l’année, il ne faudrait pas moins de 75 ans ! La décision de faire de l’anglais la lingua franca de l’Europe est probablement la solution la plus injuste et la plus dispendieuse pour les locuteurs natifs d’autres langues qui se mettent ainsi constamment dans des situations d’insécurité linguistique, au risque de paraître incompétents faute d’un niveau d’expression insuffisamment fluide et adapté, et au ridicule déclenché par les erreurs involontaires parsemant leurs discours, qu’ils en soient conscients ou non. En abandonnant leurs droits d’usage de leur langue maternelle, les citoyens de l’Europe continentale préparent la marginalisation de leurs représentants à la commission européenne. Ils disqualifient leurs fonctionnaires pour occuper des postes clés dans les organismes européens de pilotage et de réglementation et ils se préparent inconsciemment à devenir des citoyens de seconde classe au sein d’une Europe unifiée.
L’existence d’une attitude aussi suicidaire ne peut s’expliquer aisément chez des gens qui pensent, au contraire, avoir fait les bons choix linguistiques en toute connaissance de cause. Elle trouve son origine dans un conditionnement social intense et constant.
(vu que si tu retires les O() ça se met à avoir le vrai sens qui va bien
).
)
on repère les mots musicaux, on le met en adéquation avec l'expression corporelle de celui-ci et l'utilisation d'onomatopées musicales ("and now, the flutes, please have a stronger attack, like "tee tee tee tee"") qui permettent non seulement au musicien de savoir où veut aller le chef, mais aussi à celui-ci d'être clair avec lui-même.

)(comment ça je lis un seul journal ?)

Hippopotame (./29078) :Pollux (./29076) :C'est même plus que faisable potentiellement, c'est fait à fond (les tailles des wikipedias ne sont pas du tout proportionnelles au nombre de locuteurs de chaque langue (Mais c'est parce que les français ils sont trophor).
ben c'est très bien de chercher à renverser la tendance (pour wikipedia c'est sûrement faisable à condition qu'il y ait une volonté,

mais il faut voir aussi qu'avec la même volonté en.wikipedia pourrait être bcp plus complète),
1) Pas sûr (est-ce vraiment efficace de faire contribuer quelqu'un dans le langue qu'il maitrise le moins?)2) Ben ouais et fr.wikipedia pourrait être beaucoup plus complète aussi.
mais il y aura tjs bcp de domaines où une langue parlée par 1/60è de la population mondiale ne pourra pas rivaliser avec l'anglais
Là n'était pas la question.
Euh je me plaçais dans le cadre où la France décidait de dépenser qqs centimes par hab pour le développement de ressources francophones libres ; avec le même budget par hab, si les US décidaient de faire pareil pour le développement de l'anglais ils pourraient évidemment faire bien mieux, même en.wikipedia est loin d'être à un plafond de qualité ^^
Ben si un peu, si on veut des ressources très complètes et donc coûteuses à écrire/vérifier/organiser, ce n'est économiquement viable que pour une langue très répandue...
Hippopotame (./29090) :
La Longue traîne, tu veux dire.

Euh je me plaçais dans le cadre où la France décidait de dépenser qqs centimes par hab pour le développement de ressources francophones libres ; avec le même budget par hab, si les US décidaient de faire pareil pour le développement de l'anglais ils pourraient évidemment faire bien mieux, même en.wikipedia est loin d'être à un plafond de qualité ^^
Ben c'est déjà la cas, la France (pas le gouvernement, mais les français) consomme quelques centimes par hab en bande passante et temps de travail pour développer fr.wikipedia.Visiblement les US dépensent un peu moins, ils doivent attendre que des wandering moumou leur mâchent le travail.


Ben si un peu, si on veut des ressources très complètes et donc coûteuses à écrire/vérifier/organiser, ce n'est économiquement viable que pour une langue très répandue...
Ca dépend très fortement du contexte et de la nature de ces ressources.
Par exemple, s'il s'agit de mettre des ressources à disposition de toute la population mondiale, la traduction au départ est certainement plus optimale que la traduction par chacun des lecteurs.
C'est pourquoi il est juste et bon que l'ONU emploie 6 langues officielles.
Pollux (./29091) :
Ben comme je l'ai dit il y a pas que la taille qui compte, certes wpfr est seulement 3x plus petite que wpen, mais la qualité est un cran en-dessous (prends des pages au hasard sur wpfr, il y aura bcp plus d'erreurs de formattage, de trucs mal écrits ou partisans, ou même de vandalisme mal nettoyé), et si tu regardes d'autres mesures comme la diversité des contributeurs, il y a environ 10x moins de contributeurs (actifs ou non) sauf pour les übergeeks où le facteur est de 6-7x ^^ (EDIT : le nb de redirects est aussi un indicateur de qualité intéressant, à cause de la sensibilité à la casse du moteur de recherche de wikipedia qui fait que les redirects sont indispensables pour avoir une encyclopédie pratique à utiliser ; là encore le facteur est de 6-7x)
Hippopotame (./29092) :
Par contre finalement où veux tu en venir?

, et vlan une ébauche à complété sur le soudobrasage (en fait il y a juste une définition du terme, bon c'est déjà pas mal, avec un lien vers l'article brasage fort), et paf l'affaire des couveuses au Koweït, article de même dimension que le même en anglais, et boum un article sur un département du Cameroun, à peu près dépourvu de contenu.
(par contre je n'ai pas vu d'article très mal écrit/mal présenté/vandalisé, c'est vrai qu'il y en avait beaucoup à une époque mais je pense qu'ils sont peut-être en diminution ?)
)
), et un truc sur sida info service, avec pas mal d'infos mais des aspects un peu grotesques (pas de présentation en début d'article, un ton pas tjs très encyclopédique, une section entière "Les services téléphoniques" pour dire juste "L'association offre un grand nombre de services téléphoniques."
[à cause de (1)], des petits bugs genre (2) qui a pas été entièrement nettoyé, etc)
edit : les redirects c'est parce que le moteur de recherche de wikipedia est pourri, la bonne solution serait d'améliorer le moteur, pas de multiplier les redirects créés à la main
])