Que pensez-vous du système actuel des universités ?
Êtes-vous pour ou contre la réforme proposée par Valérie Pécresse ? Pourquoi ?

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas
. »
Mmmmmmmmmh... En vrac :
Le système actuel des universités est... opaque pour moi. De toutes façons y'a qu'à voir la gueule des bâtiments de mon campus : beaux de loin, mais loins d'être beaux. J'ai encore le souvenir de bâtiments à moitié abandonnés qui ne servent plus que de débarras alors que c'étaient des salles de TP...
Le financement des universités : mouais c'est satisfaisant. Sauf que l'extension de la bibliothèque aurait dû être terminée il y a deux ans. Et pas la peine de mettre de l'argent dans le ravalement des façades des bâtiment, ils seront souillés par les groupuscules extrémistes.
La réforme LMD. Bof, je dirai rien, et je n'ai rien à dire dessus.
Le problème c'est les syndicats étudiants. Tant que certains d'entre eux croient encore que l'université doit être un sanctuaire d'éducation où les entreprises n'y ont pas droit de cité (et ce malgré quelques timides expériences), on n'arrivera à rien. En éloignant les universités des entreprises, on a le résultat suivant : un monde ignore tout des réalités de l'autre. (D'ailleurs, tant qu'il existera des syndicats politisés, aucune réforme des universités ne sera possible).
Maintenant, la réforme de Pécresse. Pas lu en détail, mais je sais qu'elle vient de reculer sur la sélection en Master 1ère année, ouf.
Je ne sais pas si ça sera une bonne chose ou pas. Attendons de voir.
(Petite parenthèse trollative : le problème, c'est qu'on a trop longtemps mené une politique égalitariste des universités en les faisant se valoir de la même façon entre elles. Ce qui fait qu'une université française, ça fait presque tâche dans un CV, alors qu'un "Yale" ou un "Harvard" ou un "Oxford" ou un "Cambridge" valorise infiniment les CV. Ça c'est mon avis.)
Par rapport à la sélection : en ce qui me concerne, je trouve ça dommage de faire de la sélection. J'aimerais pouvoir m'inscrire où je veux librement pour enrichir mes connaissances.
Mais bon, comme toujours, on est dans une société d'humains, et si on se met à autoriser cette liberté, ça coûtera bien trop cher à l'état, parce que tout le monde se dira : "Allez, je peux y allez, de toute façon je n'ai rien à perdre, même si ça me gave au bon d'un mois je pourrai changer l'année prochaine". Alors qu'avec une sélection, seuls les plus motivés et les plus doués auront accès aux enseignements, ce qui permet de garantir un enseignement de qualité.
Mais ensuite, la question qui se pose est : comment faire la sélection ?
Actuellement je candidate pour entrer en master de biologie, alors que j'ai fait une licence d'informatique. Je suis en galère parce que les commissions d'admission voudraient que j'ai fait une licence de biologie. Cependant, je suis convaincu que j'ai le niveau pour entrer directement en master (grâce à mes lectures et à mon métier, mais les commissions préfèrent des diplômes à ces arguments).

« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson capturé, alors vous découvrirez que l'argent ne se mange pas
. »
Ben euh ya une raison très simple, qui est que les bons élèves vont en CPGE puis en grandes écoles, et donc les étudiants des universités ont été écrémés.
Les droits inaliénables du troll :
1) le droit d'avoir raison
2) le droit d'être péremptoire
3) le droit de ne pas lire
4) le droit de ne pas répondre
5) le droit d'être de mauvaise foi
6) Autant pour moi / Faignant / Vivent Tintin et Milou
"les premières forment des enseignants-chercheurs, les secondes des techniciens de terrain."
Heu, le probleme est que c'est pas vrai pour plein d'ecoles en fait...
Nil Le 27/06/2007 à 22:32 (cross)
Mais c'est une spécificité française... dans l'inconscient collectif, quand on est bon, on va en prépa, pas à la fac, indépendamment de ce qu'on désire faire au niveau professionnel. Alors que ce sont deux voies vraiment différentes qui devraient mener à "l'élite", mais dans des objectifs différents. A mon avis, c'est aussi un des facteurs qui fait que notre potentiel recherche faiblit (sauf peut-être en médecine, mais c'est quelque part logique, le système du cursus médical est vraiment à part... d'ailleurs la première année universitaire est devenue première année commune à un bon nombre d'enseignements plus techniques et plus courts [sage-femme, dentiste, kiné...]).
On a beaucoup moins de sélection ici en Autriche et on s'en passe très bien.
Dans certaines matières, par exemple en Mathématiques, il n'y a aucune sélection, il suffit de s'inscrire et hop on est dans le premier semestre de Mathématiques. Et comme on a le choix de l'ordre des cours, on peut prendre n'importe quel cours comme ça. Le seul présupposé est le bac (Matura), et pour les étrangers une connaissance suffisante de la langue allemande.
Il n'y a que très peu de matières (Médecine par exemple) où il y a des problèmes de place et où certains systèmes de sélection sont testés (premier venu - premier servi; sélection aléatoire; tests d'admission; quotas visant à limitant l'invasion des étudiants allemands). Les concours d'admission sont sans doûte le système le plus "juste" parmi tous ceux-là, même si bien sûr l'idéal serait qu'il y ait tout simplement suffisamment de place pour tout le monde (ce qui, comme déjà dit, est le cas dans la plupart des matières). Dans certaines matières (Informatique par exemple), ils sont en train d'essayer un système de sélection indirecte: on ne peut faire que certains cours en première année, il faut passer les examens des cours de première année avant de faire tout le reste. (C'est peut-être normal pour vous, mais de notre point de vue c'est déjà une sélection parce que traditionnellement on pouvait faire n'importe quel cours n'importe quand.)

Pour moi, avant de se préoccuper de la sélection ou de la non-sélection à l'université, il faudrait commencer par se préoccuper de ne pas laisser entrer au collège 30% d'élèves qui auront des difficultés assez importantes / très importantes à poursuivre plus loin, puisqu'ils ne maîtrisent pas la lecture, l'écriture et/ou le calcul 4 opérations...
Bien sûr, certaines personnes ont plus de facilités que d'autres. Ca veut simplement dire qu'il faut qu'une fois que certains arrivent à lire / écrire / faire du calcul, il faut que les enseignants passent plus de temps avec ceux qui ont plus de difficultés, en donnant des exercices supplémentaires plus difficiles à ceux qui savent déjà faire pour les occuper (et pourquoi pas en leur demandant de tenter d'aider leurs camarades - même si cette façon de faire a ses limites). Au primaire, dans certaines de mes classes, j'ai vu les exercices supplémentaires, et l'aide aux camarades (éventuellement plus jeunes, le niveau d'en-dessous dans les classes partagées CE1/CE2 et CM1/CM2, ou bien le CP quand j'étais en CM2 et que j'avais fini le "planning de semaine").
Il n'y a pas qu'une forme d'esprit, il n'y a pas qu'une façon d'apprendre => il ne devrait pas y avoir qu'une façon d'enseigner.
Le redoublement est souvent mal vécu (punition, tout ça...), et rarement imposé. Pourtant, dans les petites classes, à mon sens, il est fondamental. Ca ne sert pas à grand chose d'apprendre plus d'histoire/géographie tant qu'on ne sait pas lire... Bon, on pourrait toujours dire que l'histoire-géo est une motivation pour apprendre à lire, mais ça ne se passe pas comme ça pour tout le monde.
> Le problème c'est les syndicats étudiants. Tant que certains d'entre eux croient encore que l'université doit être un sanctuaire d'éducation où les entreprises n'y ont pas droit de cité (et ce malgré quelques timides expériences), on n'arrivera à rien. En éloignant les universités des entreprises, on a le résultat suivant : un monde ignore tout des réalités de l'autre. (D'ailleurs, tant qu'il existera des syndicats politisés, aucune réforme des universités ne sera possible).
Largement +1.
Au lycée, beaucoup trop de jeunes ne savent pas ce qu'ils veulent faire après le bac. Ca veut dire qu'ils n'ont pas trouvé ce qui leur plaît. Il y a un vrai problème pour montrer aux jeunes les possibilités, l'étendue des métiers, etc. Les conseillers d'orientation ne sont pas toujours super efficaces, on va dire...
Le retrait de la sélection à bac+3 n'a pas que des avantages. Bien sûr, comme Sasume l'indique plus haut, il faut savoir comment sélectionner... et il y aura toujours des sélections injustes.
Mais avec le bac qui ne s'électionne plus rien du tout depuis longtemps déjà, les taux de réussite étant très élevés par suite d'une baisse du niveau de la barre à franchir (puisque les capacités intellectuelles de la population n'ont pas augmenté de façon significative en moins de 100 ans - ça prend des dizaines/centaines de milliers d'années, cf l'évolution des humains - c'est que la barre a été baissée), sans sélection à bac+3, où reste-t-il une vraie sélection (à part à l'embauche...) ?

Tiens, c'est marrant, sur l'entreprise je n'ai pas du tout la même perception.
Des liens entre université et entreprise, il y en a depuis longtemps (en tout cas c'est ce que je vois par chez moi : tel département de sciences expérimentales est très lié à l'entreprise de céramiques installée juste à côté, et puis il y a des structures pour mettre en relation entreprises et faqueux, qui marchent bien).
Par contre, ces dernières années, c'est devenu une telle obsession, ça a pris une telle importance dans les discours que ça en devient ridicule (payer des formations sur les brevets et la propriété industrielle à des mathématiciens, mais quel crétinisme), tout cet excès ne sert à rien et les enseignements fondamentaux sont dévalorisés.
Les droits inaliénables du troll :
1) le droit d'avoir raison
2) le droit d'être péremptoire
3) le droit de ne pas lire
4) le droit de ne pas répondre
5) le droit d'être de mauvaise foi
6) Autant pour moi / Faignant / Vivent Tintin et Milou
Nil Le 28/06/2007 à 09:55 L'inconvénient du redoublement dans les petites classes est qu'il peut parfois plus pénaliser qu'aider. En particulier, les programmes du primaire sont étudiés pour coller à l'évolution des enfants, donc quand un enfant redouble (généralement, c'est pour un point précis comme lecture, arithmétique... "tout" est rarement problématique - et quand c'est le cas c'est bien souvent qu'il y a un problème autre : familial, médical...) il est pénalisé dans son développement psychologique.
Cependant, je suis d'accord pour dire que ça ne sert à rien de faire avancer trop rapidement des enfants qui ne sont pas prêts. Mais la solution devrait plutôt être dans le développement d'un assouplissement des horaires et d'une réduction des effectifs pour être plus à même de suivre les élèves qui ont du mal. Par assouplissement des horaires, j'entends "heures de soutien". Mais ça implique que l'état soutienne financièrement de telles décisions. En outre, quand il y a un différentiel trop fort dans une compétence donnée, je pense qu'il est nécessaire de faire des classes de niveau (mais pas mauvais/bons... plutôt des classes pour ceux qui ont des soucis en arithmétique vs. ceux qui ont des soucis en lecture/orthographe...).
Bon, bien entendu, ce sont des idées lancées un peu en l'air et qui ont un coût financier et humain.

vince Le 28/06/2007 à 10:39 Nil, oh mon dieu Nil, tu es sur que ça va ?
Tu n'as pas fait caca, tu es stressé ???
Te rends tu compte que tu préconise la suppression des droits étudiants à ceux qui souhaitent faire la fac pour la fac et pas forcément pour aller en entreprises derrière ??? Le gars qui veut faire de la recherche fondamentale ou devenir prof à son tour, il doit en être de sa poche ? Tu risques donc (même si je suis bien conscient que ce ne soit pas ton objectif à l'origine) de convertir un tri à l'entrée sur le savoir en un tri par l'argent, à cause de la conséquence de la séparation des inscriptions ???
(ou alors j'ai rien capté de ce que t'as écrit)
Nil Le 28/06/2007 à 11:32 Ben déjà, normalement on est censé faire sa licence en 4 ans maximum, non ?