Zerosquare (./4286) :
- la RGPD te permet de demander à ce qu'une entreprise à laquelle tu as fourni tes données personnelles cesse de les utiliser. L'équivalent serait d'arrêter de coucher avec quelqu'un et de lui demander de détruire les photos, vidéos... qui ont pu être faites.
- la RGPD ne te permet pas de réclamer réparation à posteriori (indemnités, procès) si tu changes d'avis après coup sur le fait d'avoir fourni tes données personnelles à une entreprise. L'équivalent serait de requalifier une relation consentie en viol sur la simple base de regrets.
flanker (./4288) :
Nil (./4285) :
Sinon, cette question du "consentement a posteriori" n'est pas spécifique aux relations hommes/femmes.
On a un problème d'interprétation du respect du droit à l'image ; celui-ci doit pouvoir être révoqué à tout instant, en tant que donnée personnelle (LIL & RGPD). Sauf qu'une fois que l'image est utilisée, il peut devenir très compliqué de supprimer cette exploitation.
Ce n'est quand même pas la même chose : avec les données personnelles, tu révoques la possibilité des utilisations *futures*, pas des utilisations *passées*.
Que ce soit compliqué, voire faisable, ou pas est un autre problème.
Je suis conscient des limites du parallèle (que je ne présente pas dans le cadre d'une comparaison, mais plutôt pour dire que cette question du rétro-consentement n'est pas spécifique à la sexualité).
Sauf que typiquement dans le cadre d'un trombinoscope qui a été imprimé et diffusé, si la personne révoque son autorisation à un instant t, l'usage du trombinoscope (même diffusé) après la date de révocation doit cesser or, en pratique, c'est impossible dans une grosse structure.
D'ailleurs, la législation française concernant la paternité des oeuvres d'art est un peu du même principe : un artiste peut décider de détruire à tout moment l'oeuvre dont il a la paternité, même s'il l'a vendue, diffusée, dupliquée (en France, contrairement au droit US, la paternité n'est pas cessible et ce droit est irrévocable). Il y a un cadre légal à ça (en particulier, il peut y avoir une compensation pour le propriétaire de l'oeuvre), mais on est, là-aussi, dans un contexte similaire de rétro-consentement.
Bref, je suis d'accord pour dire que les cas sus-cités dans les exemples Facebookiens et Tweeteriens sont hallucinants (d'ailleurs, à lire les remarques qui suivent, on voit bien que ces personnes se doutent qu'il y a un problème), mais le problème du retrait de consentement a posteriori est un sujet bien réel dans bien des domaines.