Brunni > je n'ai pas répondu tout de suite car j'étais un peu hésitant ^^
En fait je crois que tu décris bien la libéralisation du marché sexuel (et on en revient toujours à
Extension du domaine de la lutte, il faut lire Houellebecq), mais, dans cette forme aussi poussée et aboutie, je pense que ça ne concerne qu'une petite partie de la population, ce qui fait que ton post apparait inutilement dramatique. Typiquement c'est vrai pour les jeunes célibataires bobos de centre-ville qui réussissent, etc. Et plus on se situe dans un endroit compétitif (plus grande ville, attractivité d'icelle, etc.), plus c'est vrai. La Silicon Valley doit être un exemple chimiquement pur, ça doit bien se vérifier. À Paris c'est évident aussi. Le fait que les femmes soient minoritaires dans ces grands centres urbains n'aide pas.
Par contre si on regarde dans la France provinciale et surtout péri-urbaine, comme dans la petite ville de province où j'ai grandi, la situation n'a pas grand chose à voir. J'ai bien des potes ni beaux, ni séduisants, ni ne gagnant beaucoup, qui, à peine 30 piges, sont casés/mariés depuis un moment à des nanas très sympas (et pas moches du tout). Dans ce genre d’endroits les filles se montent moins la tête, essayent de profiter de leur petit bonheur paisible, au lieu de jouer à la parisienne ultra-exigeante qui ne couche qu'avec des millionnaires beau-gosses. (et pour les coups d'un soir dans les grandes capitales, 5% des mecs se tapent effectivement 80% des gonzesses, simple question d'offre/demande)
Du coup la réalité est tout de même un peu moins sombre que ta description, il suffit de regarder les résultats d'enquêtes sur le nombre de célibataires pour s'en convaincre. (ouais y'en a jamais eu autant, mais pas ce que te chiffres laisseraient penser

)
Je ne veux trop relier ça à la politique, mais j'y vois un lien sociologique évident : la catégorie ultra-libérale sexuellement correspond gross-modo à ceux qui politiquement sont contents de la mondialisation libérale (centre-villes, aisés, etc.), tandis que la catégorie qui en est moins imprégnée correspond à celle du refus de la mondialisation (non aux référendums européens, vote FN, etc, etc. )
Au fond, au lieu d'avoir l'uniformisation moderne(olatre) tant promise, objectif jacobin s'il en est, on en revient à une réalité où le monde, les mœurs, les idées, etc, des grandes villes diffère fortement du "reste du pays" : bref on en revient à une situation classique, ancienne, comme au M-Â ou au XIXém. Sauf que la population des mégalopoles (+les élites du Reste) représentent bien plus de population qu'avant, en proportion. Du coup on a un schisme qui n'est pas prêt de s'envoler, ni de se résoudre, et qui va être le moteur profond des évolutions politiques et sociétales des prochaines décennies.