Pollux (./4785) :
Le problème c'est que c'est pas tant le vrai réseau au sens mathématique des puissances de 3 et de 5, c'est que c'est plutôt l'ensemble des produits de puissances "raisonnables" de 3 et "très raisonnables" de 5. Les puissances cubiques de 5 sont inusitées même si elles font partie théoriquement des 53 tons, et les puissances carrées de 5 introduisent (pour notre culture en tout cas) des grosses tensions, bien qu'on reste dans le cadre de l'harmonie tonale. Donc effectivement, on peut se demander quelles sont les puissances admissibles de 7, et apparemment il n'y en a pas.
Tiens je viens de me renseigner sur le fonctionnement de l'oreille (l'organe sensoriel, je veux dire), dont je ne connaissais à peu près rien, et en plus d'être fascinant ça me donne envie de reprendre mon pipeau pour vous jouer un petit air. En fait apparemment (je résume très vite fait) l'organe de Corti, qui est le récepteur du son proprement dit (comme la rétine pour l'œil, quoi), fait l'analyse spectrale de façon spatiale, c'est-à-dire que les cellules réceptrices des différentes fréquences sont réparties d'un bout à l'autre de la membrane dans l'ordre du spectre (et si le limaçon est enroulé c'est pour que la membrane puisse être plus longue). Et en fait cette répartition spatiale du spectre (ça s'appelle organisation tonotopique) continue dans le nerf auditif et dans tous les centres de pré-traitement jusqu'au cortex auditif. Dans celui-ci ce sont donc des neurones différents qui captent les fréquences (suffisamment) différentes.
Bon quand on voit ça on se doute que par exemple l'effet de masquage utilisé par la compression mp3 est une limitation physique (il n'y a qu'un nombre fini de récepteurs...) Mais par contre l'analyse des intervalles musicaux, c'est-à-dire des rapports de fréquences, est a priori entièrement faite a posteriori (

) dans le cerveau, rien ne semble permettre quoi que ce soit de ce genre dans l'organe lui-même. Bon et comme le cortex auditif, apparemment, se développe seulement après la naissance, on se confirme bien que l'éducation doit jouer un rôle énorme dans cette analyse.
Cependant voici ce que je me dis : un son a normalement des harmoniques, et elles sont grosso modo d'intensités décroissantes, sauf cas particuliers. Donc il y a de fait, dans la vie, une très forte corrélation entre l'excitation du neurone qui entend f et de celui qui entend 2f, ils vont presque toujours marcher ensemble ; il y a aussi une forte corrélation entre l'excitation des neurones f et 3f, une plus faible entre f et 5f... et je ne sais pas quelle est l'intensité typique de l'harmonique 7 mais ça doit commencer à pas être énorme.
Ensuite on peut supposer que des neurones dont l'activité se trouve être fortement corrélée vont avoir tendance à tisser des liens entre eux (enfin c'est certainement beaucoup plus compliqué que ça bien sûr, mais disons que le cerveau va remarquer que les sons f et 2f « vont ensemble »). Et après ça il n'y a plus qu'à constater que tisser des liens c'est transitif et ça explique la théorie de Pollux !

. Plus précisément on peut se dire que la corrélation entre f et 2f est tellement forte que le cerveau ne juge même pas utile de vraiment différencier les deux ; qu'entre f et 3f elle est suffisamment importante pour qu'on fasse un lien pratiquement transitif (le lien devenant quand même moins évident quand il y a beaucoup de pas) ; qu'entre f et 5f elle est assez élevée pour qu'on fasse un lien mais trop faible pour qu'il soit vraiment transitif ; qu'entre f et 7f ou plus elle est trop faible pour créer un lien qui soit activé hors contexte (le contexte étant la reconnaissance d'un timbre par l'analyse de la suite harmonique).
Et voilà
(#tri[pi]po#)