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Coucou smile,
J'ai une dissertation à rendre et aucune idée en vue ..
En voici le sujet: " J'écris pour agir" déclare Voltaire.Pensez-vous que le rôle d'un écrivain est de défendre les valeurs aux quelles il croit?
Donc je pensais:
I. Le rôle d'un écrivain est de défendre les valeurs
II. L'écrivain à d'autres atouts.

III. Euh smile


PS: merci d'avance pour votre AIDE .

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bah la réponse est simple : "non". On peut écrire pour le plaisir d'écrire et rien de plus. smile
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C'est beaucoup plus compliqué que ça ^^ tu simplifies un concept, kim, c'est pas bien embarrassed grin
Si, personnellement, j'avais à répondre à une telle question, j'essayerais de lister toutes les bonnes raisons d'écrire que l'on peut avoir.
Ensuite, je me poserais la question de ce qu'est qu'être écrivain (et c'est là où kim se fourvoie, c'est qu'il parle du concept d'écriture et pas du concept d'écrivain).
Puis, je rangerais les "bonnes raisons que l'on peut avoir d'écrire" dans deux grandes familles : celles qui sont propres aux écrivains qui ont un désir de publication (ou qui ont été publiés à leur insu, ça arrive aussi) et celles qui sont propres aux gens qui écrivent "comme ça" mais sans désir ou volonté d'être publiés.

A mon avis, tu as à travailler sur ce point : un écrivain, c'est quelqu'un pour qui l'étape d'ouverture au public est indispensable. Sans lecteurs, un écrit n'existe pas.
Or, si l'on écrit pour l'unique plaisir d'écrire, pourquoi se faire publier ? (je te laisse essayer de trouver des réponses, je ne vais pas tout faire non plus embarrassed wink)

Bien entendu, le XXème siècle - avec l'Oulipo, (mais aussi une bonne partie du XIXème avec, en particulier, les Parniassiens), a vu naître des mouvements qui prônaient l'art pour l'art (c'est d'ailleurs aussi valable pour d'autres arts, hein). Mais ne peut-on dire qu'à partir du moment où ces mouvements ont menés à des publications, le simple fait d'être publié est une façon de défendre les valeurs auxquelles on croit (ici l'art pour l'art ?).

C'est une question très complexe au final, où l'on peut se rendre compte que l'écrivain, et ce même malgré lui, défend quasi-systématiquement si ce n'est l'ensemble des valeurs auxquelles il croit, du moins sa vision de la littérature contemporaine (ou alors il se trouve en déphasage entre ce qu'il désire et ce qu'il produit, c'est paradoxal, mais ça arrive aussi).
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tu veux dire qu'un écrivain n'existe que par son public contemporain ? Combien de poètes passés à la postérité ont écrit de merveilles, sans jamais rencontrer leur public de leur vivant...
Pour moi, on peut pratiquer la profession non pas par cupidité ou par envie de célébrité, mais juste pour le plaisir de coucher des mots.
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tant que j'y suis, s'interroger sur qu'est ce que l'action pour voltaire serait une bonne piste. Agir selon voltaire n'est pas forcément la meme chose qu'agir selon jules verne.

D'ailleurs nil, prenons jules verne, que défendait-il, quand on sait qu'il ne faisait que de l'anticipation
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kim (./4) :
tu veux dire qu'un écrivain n'existe que par son public contemporain ? Combien de poètes passés à la postérité ont écrit de merveilles, sans jamais rencontrer leur public de leur vivant...

S'ils n'avaient jamais publié, alors ils n'étaient pas des écrivains. S'ils ont été publiés après leur mort, alors on a fait d'eux des écrivains.
Il faut bien définir ce qu'est un écrivain. Quelqu'un qui écrit dans sa chambre et qui brûle ce qu'il écrit au fur et à mesure n'est un écrivain que pour lui même. Devant la société, il n'a pas ce rôle. Contrairement à ce qu'on peut penser, ce n'est pas uniquement l'écrivain qui fait le livre, mais aussi le lecteur. Sans lecteurs, point d'écrivain.
Bien entendu, il est un lecteur qui existera toujours : l'auteur lui-même. Mais c'est un lecteur très particulier, puisqu'il reste dans l'intimité de la création.
Pour moi, on peut pratiquer la profession non pas par cupidité ou par envie de célébrité, mais juste pour le plaisir de coucher des mots.

Je suis totalement d'accord, mais alors le simple fait qu'ils écrivent et présentent leurs créations en fait des écrivains engagés "pour le plaisir des mots", et ce même malgré eux oui
En outre, j'ai l'impression que tu penses que je mets en relation "publication" et "célébrité", or ce n'est absolument pas vrai. "publication" a pour moi valeur d' "exister" pour un écrivain. De la même façon qu'un instrumentiste qui joue dans une cellule capitonnée ne va jouer que pour lui même et n'aura, pour la société, aucune fonction de musicien.
Mais (encore) ça revient à définir ce qu'est et ce que n'est pas un écrivain, et à l'opposer avec (attention l'affreux néologisme) un "écriveur".
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Nil (./6) :
Contrairement à ce qu'on peut penser, ce n'est pas uniquement l'écrivain qui fait le livre, mais aussi le lecteur


Pas d'accord. Avec un tel raisonnement, on peut aussi dire que Dieu existe, la preuve, y'a plein de monde qui croit en lui. Inversement, si personne ne croit en une thèse, ça ne veut pas pour autant dire qu'elle est fausse. Ici, un écrivain est porté à la connaissance du plus grand nombre par ses lecteurs, il n'empêche que certains sont restés plus qu'intimes de leur vivant, malgré le fait qu'ils aient effectivement publié, et pourtant, on pourrait dire qu'ils sont écrivains.
Tu définis une profession ou une distraction de l'esprit par son impact et non pas par sa nature. Pour moi, c'est clairement réducteur.
Et oui, j'ai tout à fait l'impression que tu confonds existence publique et célébrité, en disant qu'un écrivain ne l'est que par son lectorat.
Nil (./6) :
Je suis totalement d'accord, mais alors le simple fait qu'ils écrivent et présentent leurs créations en fait des écrivains engagés "pour le plaisir des mots", et ce même malgré eux oui.gif

C'est pour ça qu'il faut définir l'action citée par voltaire : est-ce une action pour le bien public ou une action peut-elle etre ici personnelle ? La satisfaction qu'on a à écrire un livre, fut-il lu, doit-elle être considérée comme une "action" ? Sachant qui était voltaire, "j'écris pour agir" a pour moi plutôt un sens collectif que personnel. Dans ce cas, un écrivains qui n'écrit que pour le plaisir des mots peut n'agir que pour son bon plaisir, celui de son lecteur n'étant qu'accessoire.

Nil (./6) :
De la même façon qu'un instrumentiste qui joue dans une cellule capitonnée ne va jouer que pour lui même et n'aura, pour la société, aucune fonction de musicien.


Bien sûr, et c'est pour ça que je pense qu'une réflexion sur le sens à donner à "agir" est primordial pour pouvoir interpréter les mots de voltaire. Si dans agir, on compte le fait d'écrire pour son bon plaisir, alors, "je joue de la musique pour agir", même si on joue dans une cellule capitonnée, reste vrai. La société n'est qu'une seconde interprétation du mot "agir".
Si maintenant on dit qu'agir passe par une tentative d'amélioration ou tout du moins de modification de l'état de plusieurs personnes (état moral, état de pensée, autre), alors, écrire pour soi n'est plus une action. Est-ce qu'on doit réduire une personne qui écrit pour son propre plaisir d'écrire, en disant d'elle qu'elle n'est pas écrivain ?
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kim (./7) :
Est-ce qu'on doit réduire une personne qui écrit pour son propre plaisir d'écrire, en disant d'elle qu'elle n'est pas écrivain ?

Si ça reste dans le cadre personnel pour un épanouissement propre, alors il est difficile de dire si la personne est un écrivain (je parle bien de l'écrivain dans sa dimension sociale, pas de la compétence personnelle). On peut peut-être parler de démarche psychanalytique, et encore.

Cela dit, la question est complexe. La preuve, Umberto Eco, dans l'Oeuvre ouverte et dans les limites de l'interprétation passe son temps à se poser la question du vrai rôle du lecteur dans l'existence du roman. Et il ne répond pas simplement par "oui" ou par "non" à ses questions.
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Nil (./8) :
Et il ne répond pas simplement par "oui" ou par "non" à ses questions.


Il a tort : un oui, et hop, il aurait pu profiter de son apres midi sur une terrasse au lieu d'écrire smile
Nil (./8) :
je parle bien de l'écrivain dans sa dimension sociale, pas de la compétence personnelle


C'est là toute notre différence : tu restreins l'écrivain à sa dimension et son rôle social, et l'action comme une façon de vouloir transmettre un sentiment ou une pensée à son lectorat, le mieux étant qu'il soit grand, pour convaincre.
Moi j'ai tendance à dire que si cet écrivain là existe, il n'est pas nécessairement le seul, il y en a d'autres, pour lesquels la phrase de voltaire n'a plus beaucoup de sens si on reste dans une notion d'action pour l'autre.
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kim (./9) :
le mieux étant qu'il soit grand, pour convaincre.

Là, tu interprètes, je n'ai pas du tout parlé de la dimension de diffusion. Une seule personne, et c'est déjà une autre façon de voir les choses.
kim (./9) :
C'est là toute notre différence : tu restreins l'écrivain à sa dimension et son rôle social, et l'action comme une façon de vouloir transmettre un sentiment ou une pensée à son lectorat, le mieux étant qu'il soit grand, pour convaincre.

C'est bien pour ça que la première chose que je propose de faire, c'est de définir ce qu'est un écrivain, avant de définir son rôle. Forcément, si on ne met pas les mêmes concepts derrière les mêmes mots, on va avoir du mal.
Cela dit, je persiste à dire qu'un écrivain qui n'est jamais publié, c'est un peu comme le chat de Schrödinger dans sa boite : on ne sait s'il est vraiment un écrivain que lorsqu'on lit ce qu'il a fait. Et que dont il est (dans ma définition) un écrivain. Sinon, je t'accorde le fait qu'il est dans un état qui n'est ni celui d'écrivain, ni celui de non-écrivain cheeky
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HA ! tu vois ! cheeky
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(Cela dit, je pense que ça va paraître bizarre comme conclusion dans un devoir de première grin)
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quoi, de dire "Ha, tu vois !" ? noooooooooooon du tout grin
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Nan je parlais du chat de Schrödinger... Quoi que "HA ! tu vois !" est aussi bizarre grin)
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Et Jean-Edern Hallier, hein ? Peut-on le considérer comme un écrivain célèbre de par ses écrits, ou de par ses frasques mégalomanes ? embarrassed

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(Ah ? Il a écrit des choses ? grin Enfin, paix à son âme)
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Merci Nil wink Et Kim wink Et merci pour cette "bataille" de mots grin .. Mais revenons quand même à ma dissertation si vous voulez bien xD ..