Nil (./12026) :
Mais (comme souvent), il y a une différence entre la Loi des tables, l'interprétation humaine (en particulier issue du Lévitique) et les récits de l'Ancient Testament, qui sont généralement plus libéraux : il ne faut pas oublier qu'on y évoque l'inceste sans condamnation directe (au contraire, même), avec l'histoire de Loth. Ce qui est "amusant", c'est qu'on est face à un inceste du premier degré (Père-Fille), mais aussi du second degré (Soeur-soeur, avec comme médiateur le père ; on se croirait presque dans une tragédie grecque !).
Oui, tu connais bien mieux que moi mais y'a des trucs assez particuliers qui sont racontés (/suggérés) sans être explicitement condamnés dans l'AT, notamment l'homosexualité et l'inceste. Comme dans beaucoup de mythologies d'ailleurs, où ça raconte sans tellement juger moralement de manière explicite. ça peut évidemment donner lieu à milles interprétations, mais le fait marquant est que ça n'est pas vraiment parmi les actes (les plus ?) explicitement condamnés alors que ça reste l'interdit premier...
Bon après y'a une complication qui vient qu'il faut lire l'AT comme un texte progressif et historique, c'est un fondement qui nait du temps et de l'histoire, raconte des siècles et une évolution, contrairement à beaucoup d'autres qui donnent une représentation figée ou absolue. ( donc en particulier on peut raconter quelque chose "innocemment" au début pour mieux le condamner implicitement à la fin... ). C'est déjà plus ou moins la naissance de l'occident comme civilisation de l'histoire, du changement, de la dialectique, et c'est le grand renversement par rapport aux grecs...
C'est d'ailleurs amusant de constater que les nations modernes (France, usa, ... ) procéderont de la même manière, se double-fondant sur une histoire fétichisée et sur un absolu sacré hors du temps. (et donc implicitement, l'histoire poursuit cet absolu...)
Mais que (les) l'interdit fondamental ne s'explicite pas (tellement il est *évident* dans le contexte socio-cuturel, qu'en parler serait déjà pourvoir en discuter. D'où les tabous.. ), c'est un truc qui peut encore se remarquer aujourd'hui, notamment à l'intérieur de certaines familles. Ce qui n'empêche pas les représentation allégoriques, au contraire...