veRo (./3407) :
Concernant l'éducation, je rejoins l'avis de certains d'entre vous et je suis clairement opposé à d'autres. Ayant maintenant eu pendant 2 ans des classes de lycées, j'ai clairement vu la différence de niveau avec le moment ou moi gt au lycée et pourtant c pas si loin...
Expérience personnelle : en 1ere et Tale, les profs nous prenaient pour des débiles légers (voire profonds), avec une moyenne de classe de 11 en maths et en 11 en physique on était considéré comme la pire classe de S option TI (anciennement E, nouvellement S option SI) depuis bien longtemps. Or avec le recul, nous avons tous (à une exception près, mais il s'agissait de quelqu'un qui ne voulait pas être en S et qui avait été mal orienté par son conseil de seconde) réussi. Deux ont fait une prépa PTSI (pas forcément les meilleurs, en plus) et ils y sont rentrés au culot (même non admis, ils se sont pointés le jour de la rentrée et se sont +/- imposés). Ils ont fait leur prépa en deux ans et ont intégré sans faire de 3ème année. Un autre a fait médecine (alors que c'est une filière normalement impossible à atteindre avec un bac avec 0 svt), un est en train de finir son droit, nombreux sont ceux qui sont ingénieurs ou ingénieurs maîtres...
Pourquoi ? Simplement parce que le cursus scolaire traditionnel ne nous plaisait pas. J'étais sans cesse fourré dans les bouquins et au conservatoire, d'autres préféraient faire des jeux de maths que venir en cours... dans l'ensemble (et c'était l'avis de notre prof de français de 1ere, le seul qui ne nous ait pas déchiqueté à la cuillère à glace), nous étions tous d'excellents éléments mais nous faisions tous une bonne crise d'ado avec un refus de l'enseignement classique.
Je ne suis pas certain que le niveau baisse réellement. Je crois par contre que les indicateurs de niveau ne sont plus adaptés, que certaines méthodes ne sont plus non plus les bonnes (ou ne l'on jamais été) et, finalement, que ce n'est pas forcément parce qu'on a un niveau moyen à mauvais en terminale qu'on est définitivement mauvais. On peut avoir des révélations lors de l'entrée dans le supérieur.
Par contre, il y a quelque chose qui m'inquiète (mais ce n'est pas nouveau), c'est le niveau en français. Je ne parle pas des stats, puisque sur ce plan, un des problèmes est que l'on intègre dans celles-ci les primo-arrivants qui doivent se farcir un apprentissage extrêmement lourd pour se mettre au niveau (essayez d'aller en Suède et d'apprendre le suédois rapidement, vous allez voir, c'est chaud ^^), donc ça biaise les résultats. Mais pour être bon en français, il n'y a pas 36 solutions, il faut lire, lire, lire et lire. Parfois lire. Et lire aussi. Et la pédagogie de la lecture, mieux même, la transmission de la "lecturophilie" ne peut pas se faire de façon simple. C'est une pédagogie qui reste à inventer. Avant même de vouloir essayer d'expliquer les fondements du français au niveau théorique (ce qui est, il faut l'avouer, rébarbatif), je pense qu'il est important de montrer que la lecture peut être un acte de plaisir.
Dernier point qui est crucial au niveau de l'enseignement (toujours à mon sens, je ne prétends être ni exhaustif ni impartial) c'est les possibilités de reconversions des enseignants. Je pense que le matin où, en allant en cours, un enseignant se dit qu'il a perdu tout intérêt pédagogique, l'éducation nationale doit lui permettre de se reconvertir. Elle permet les mouvements inverses, pourquoi pas dans ce sens ? Je vois trop de formateurs à l'IUFM qui se retrouvent à mi-carrière ayant perdu tous leurs idéaux, étant incapable de tenir devant une classe et ne sachant rien faire d'autre que du vent (vas-y que je te fais une conférence au sujet pompier, vas-y que je suis sur un poste d'administratif mais sans la qualification nécessaire, etc.). Un bon prof au bon moment, le bon interlocuteur quand l'élève en a besoin, c'est souvent ce qui manque (ou ce qui permet de s'en sortir).
Bon, faut que j'aille me coucher, moi
