bon j'ai pas tout lu ( #flemme# ) et je présente mes excuses d'avance si ça a déjà été dit mais:
blackGhost (./91) :
1) Forcément c'était une voiture de police, donc forcément c'était volontaire, on nous cache la vérité et blablabla. Sur quels éléments vous basez-vous pour dire ça ? Sur le fait qu'ils étaient policiers ? Ah oui pardon j'avais oublié la définition de la police : organisme destiné à éradiquer les populations des cités.
Je pense que dans cette situation c'est au moins aussi naïf de croire inconditionnellement la version officielle (avant que l'enquête soit finie.. ) que l'inverse, dire que ces sales enflures de flics ont tués des racailles pour le pur kiff.
c'est évident que si c'est un accident où la police est pas très blanche (genre ils ont simplement voulu jouer du pare-choc comme ils le font bien souvent mais ça c'est mal terminé ) et vu le contexte, n'importe quel état va immédiatement nier/faire patienter la vérité, simplement pour pas que les banlieues explosent...
Enfin y'a quand même des éléments objectifs qui laissent planer le doute.. (genre les dégats sur la voiture 'qui roulait à 30 km/h' ou les corps à 40 mètres.. )
blackGhost (./91) :
2) Faut laisser les jeunes s'amuser ? Et puis quoi encore ? Pourquoi on leur laisserait pas des flingues pour jouer aux cow-boys dans la rue aussi ? Après tout c'est drôle et ils faut qu'ils s'occupent ces pauvres petits. Ce genre de véhicules est DANGEREUX ! C'est pas pour rien qu'il est interdit. Imaginez un môme qui traverse la rue à cet instant. Vous y pensez aussi aux parents de ces enfants innocents qui n'ont rien demandé à personne et qui se font renverser par ce genre d'individus ??
Traditionnelle réthorique débile du 0-risque appuyé sur le drame et les pauvres victimes. Encore plus débile quand il s'agit des jeunes. Croire au 0-risque, c'est fondamentalement nier la réalité humaine. En plus les policiers ne se sauraient pas invités dans la partie, c'est pas bien dangereux de rouler à 45 km/h là-dessus sur un parking ou assimilé..
blackGhost (./91) :
3) La révolte ? Quelle révolte ? Au nom de quoi peut-on brûler des bibliothèques, des écoles, des commissariats ? Au nom de quoi peut-on se permettre d'ouvrir le feu sur des forces de l'ordre ?
kim (./94) :
Détruire le seul accès qu'ils ont à la culture, CA, c'est de la liberté, de la révolte...
Mais c'est débile de chercher des raisons raisonnées !!!
La raison est simple: ça s'appelle le rejet par dégout, ou qqch comme ça. ce n'est même pas spécifiquement humain:
On a fait des expérience avec des primates: on leur fait effecturer une tâche, puis on les récompense. Hop un coup, comme ça, on récompense plus celui qui a moins bien effectué la tache... le coup classique est que celui qui a bien travaillé refuse de manger sa nourriture ? Pourquoi ? parcequ'uil a un sentiment d'injustice trop fort et qu'il montre par ce moyen apparemment débile ( il gâche sa nourriture) qu'il n'est pas d'accord avec ce système.
On connait aussi bien ça avec les gamins en colère qui cassent leur propre jouets, c'est le même phénomène. Evidemment ce sont les gamins les plus énervés qui vont faire ça, les plus calmes réagiront autrement.
ça peut aussi se rapproche de ces filles qui font des tentatives de suicide probabiliste qui ne sont que des appels au secours. Elles ne sont font mal à elle-même que par ce qu'elles ont envie d'aller mieux...
Demande au premier psychologue c'est un truc bien connu...
Ben en banlieue c'est pareil: ils ressentent tellement une situation d'injustice que les plus énervés cassent leurs propres jouets: flics locaux, bibliothèques, écoles, pompiers tout ce qui représente l'état, la société. Pas par ce qu'ils n'en veulent pas, plutôt par ce qu'ils en veulent plus..
Il faut comprendre que c'est pas tant la situation absolue qui pose problème – on vit aujourd'hui bien mieux dans les quartiers les plus pauvres que dans les années 60 où il s'agissait de manger mais où il y avait plus d'espoir.. – mais bien le situation relative, l'injustice ressentie: ils sont juste à coté d'un monde consumériste énorme, alléchant, ils voient tous les jours 200 pubs qui les tentent mais ne peuvent pas vraiment rentrer dans ce monde. Ils sont juste à coté et totalement en dehors, ils sont frustrés... tous ce qu'ils veulent au fond c'est rentrer dedans..
D'ailleurs quand je discute avec certains potes de quartiers dit 'difficiles', ils te disent que quand ils rentrent au bled, on vit matériellement évidement 10 fois moins bien, mais ils ne sont pas du frustré, il se sentent beaucoup mieux: c'est la même chose pour tout le monde. Ils ne ressentent pas d'injustice comme ici..
Dernier point, un peu provocateur peut-être: le fait que nos banlieues n'acceptent pas une inégalité trop forte – et qu'il y ait encore peu de bandes éthiques – montre en fait une assimilation très réussie au modèle républicain français. Et bon c'est normal que le modèle assez égalitaire français clash de plus en plus avec cette mondialisation aujourd'hui très inégalitaire.