./145>
- Non il ne tient pas qu'aux peuples... Les sentiments d'appartenance collective, ça ne se commande pas.
- En l'absence d'une nation européenne et donc d'un souverain européen, la souveraineté se trouve actuellement dans les nations. Comme la souveraineté ne s'aliène pas, chaque nation a toute la légitimité pour se réapproprier des compétences, qu'elle n'a déléguées que tant qu'elle est consentante.
- Naturellement il y a un contexte politique et diplomatique qui fait qu'on ne peut pas se contenter de renverser la table du jour au lendemain. Mais le pouvoir français a toute légitimiter pour négocier durement, taper du poing sur la table ou pratiquer la chaise vide, ou toute autre politique de crise, pour imposer son bon droit aux autres pays européens.
- Quant à l'absence d'Europe dans le débat public, et par exemple les faiblesses des élections européennes, c'est très regrettable en effet. D'une part il y a le fait qu'effectivement ça intéresse peu les gens, et c'est un signe que les rêves d'europe fédérale, de nation européenne, ça ne marche pas. On peut le regretter mais il faut en prendre acte.
D'autre part il y a le fait que, paradoxalement, les factions politiques qui soutiennent le plus la politique européenne refusent de développer le débat public autour de ce sujet (par peur d'un retour de bâton?), sauf sur un mode incantatoire (il faut plus d'Europe, les oiseaux chantent et le soleil brille) ou sur un mode démagogique (critique de la BCE, alors que comme tu le soulignes ils participent à la désignation de ses dirigeants, et, en général, n'ont pas l'intention d'en changer quoi que ce soit.)
-Enfin, ce qu'on appelle pompeusement "acquis communautaire" et que tu sembles considérer comme étant constitutif de l'europe ("Un seul chef d'Etat ne peut bien sur pas aller contre cela sinon c'est tout simplement la fin de l'Europe."), c'est au contraire le boulet que nous traînons et qui rend impossible tout progrès dans l'union, qui rend impossible la naissance d'un espace politique européen. C'est ce qu'il faudrait jeter aux orties pour que l'Europe puisse naître.
./146> La domination d'un pouvoir non élu sur une personne qui a reçu un mandat au suffrage universel, c'est exactement la négation de la démocratie.
Nil (./147) :
On est aussi dans un problème franco-français, là... la France est un des pays pour lesquels le rôle de l'Europe est de recycler les vieux politiques.
La France est le dernier pays a avoir cru et à avoir pratiqué sincèrement une politique européenne. Elle a mené une vraie politique d'intérêt commun bien après que les autres aient renoncé et soient retournés à des politiques d'intérêt national. Bien entendu la France a fini par renoncer elle aussi, mais elle n'est pas à blâmer.
Nil (./147) :
(le premier parti à avoir compris l'intérêt de l'Europe est celui qui veut sa mort : le FN. C'est le seul dont le rôle des députés est clairement énoncé...
Le FN ne veut plus la mort de l'union européenne. Il ne veut même plus la mort de l'euro je crois (j'ai cru entendre que pour eux il pourrirait tout seul.)
Souane (./149) :
peut-être qu'une grande majorité du 3ème âge a voté Sarko juste parce que la place de SR est à la maison ?
)
Non, plutôt parce qu'à grande échelle, les vieux s'identifient au capital (comme les jeunes s'identifient au facteur travail), et Sarkozy est le candidat des possédants.
