Bon décidément j'ai trop trop pas le temps (voyage en écosse la semaine prochaine

) et je ne pense pas finir ma bafouille avant ce week end, alors je poste juste le début, défoule toi dessus et on en reparle dans une semaine

(pis je verrai aussi le post de gunnm, mais chuis pas sûr d'y connaitre grand chose en économie, au secours!

)
(hop là le petit up discret ...) 
La semaine dernière j'avais un séminaire à préparer et ça m'est sorti de la tête #mac#
Le dialogue plutôt que la menace.
Ah ben ça tombe bien c'est tout à fait l'axe de la diplomatie russe.
Il paraît que Poutine envisage un voyage en Iran pour cette année, pour apaiser les tensions. Regardons aussi ses derniers discours sur les balkans, et sa proposition constructive après la provocation du bouclier américain.
En fait je pensais plutôt aux bourrages d'urnes, qui étaient à l'origine de la crise.
Je veux bien admettre que le despote d'avant était le candidat du kremlin, tout comme le démago d'après était le candidat de washington, mais ça ne veut pas dire que c'est Poutine avec ses petits bras musclés qui a bourré les urnes d'Ukraine. L'Ukraine n'est pas une coquille vide, c'est un grand pays de 47 millions d'habitants avec un débat politique à lui, et ce qui se passe sur le territoire ukrainien est sauf preuve du contraire de la responsabilité des ukrainiens. Ianoukovitch != Poutine.
La tyrannie de Ianoukovitch/Koutchma en Ukraine est une émanation de la société ukrainienne, pas d'une pesée étrangère, d'ailleurs on voit bien qu'avec le pouvoir issu de la révolution orange, les mentalités de gouvernance, si elles ont un peu évolué, ne se sont pas amélioré des masses.
(Je parlerai plus loin de ces mentalités autoritaires qu'on trouve en Russie, comme en Ukraine, comme dans beaucoup de pays de l'ex sphère soviétique, et qui sont difficiles à tolérer vues de chez nous. C'est ça la question pertinente pour comprendre la transition démocratique.)
Quant à la comparaison avec le tandem France/Belgique, elle n'est absoluement pas valable, car la Belgique n'a jamais fait partie d'un même Etat avec la France dans l'histoire récente, contrairement à l'Ukraine, sans compter que le contexte n'est pas le même non plus.
Dans ma comparaison, je parlais de la Belgique à l'époque de l'hostilité franco-allemande (disons vers 1870), or la Belgique avait fait partie de la France dans un passé pas si lointain (l'empire) ; comme l'Ukraine pour les russophones elle possède une large partie de la population qui parle le français. Je trouve donc que c'est une analogie vraiment pertinente. Mais je veux bien être d'accord pour ne pas pousser les analogies historiques trop loin.
Non. Je dis simplement qu'il y a manière et manière de faire.
Tu préfères les chars russes dans les rues de Prague, euh, Kiev, pardon?

Ouais enfin la situation n'est pas si simple avec les pays baltes.
Il existe une rivalité Pays baltes/Russie depuis l'URSS : les pays baltes ont toujours eu le sentiment d'être occupés par les russes (ce qui est un peu vrai si on considère la russification de la culture par exemple), tandis que les Russes ont toujours considéré les habitants des pays baltes presque comme des sous-hommes, en tout cas avec beaucoup de mépris, et de jalousie (d'autant plus que le système socialiste marchait un peu mieux là bas qu'en Russie).Indépendance de ces pays qui sortent du joug soviétique en 1991. Apparaissent, ou plutôt ré-apparaissent, en Estonie l'apprentissage et l'usage de l'estonien. Les Russophones d'Estonie, qui ont perdu la nationalité russe, et qui refusent catégoriquement de retourner en Russie (ce qui est compréhensible), nombreux (130000 seulement), n'ont pas obtenu la nationalité estionienne. Pour l'obtenir, il faut qu'ils passent un examen en estonien, ce qu'ils ne veulent faire, puisqu'ils refusent d'apprendre cette langue.
Pas d'accord du tout.
Ce portrait serait juste si on l'appliquait à la Pologne, ou d'autres pays de l'est envahis par l'armée rouge.
En ce qui concerne les pays baltes, c'est une construction historiographique récente, et déplorable. Les pays baltes, dès le début, ont été aussi bolchéviques que la Russie. Ils ont participé avec enthousiasme à la révolution, et leur contribution à la police secrète a été dès le départ appréciable et appréciée. Le totalitarisme a pesé sur eux de la même façon qu'il a pesé sur le coeur russe.
La peur de la russification c'est un fantasme de pureté dégueulasse qui n'est pas sans rappeler la peur de l'islamisation en France. Les vastes minorités russophones, c'est un état de fait qu'il faut accepter en faisant du russe une langue officielle, tout comme le français est langue officielle au Québec. Les russophones d'Estonie sont des estoniens égaux aux autres ; au moment de l'éclatement de l'URSS les russophones hors d'URSS ont partout largement voté pour l'indépendance, et leur choix national est clair. Ta tolérance face à cette discrimination massive est étonnante.
Dans ce cas, explique ! 
Ben on en a déjà parlé un peu dans ce topic : si tu regardes la fraction de la croissance dûe aux hydrocarbures, c'est très loin d'expliquer le boom russe, même si ça aide agréablement l'économie. Il y a des investissements étrangers, et il y a une croissance autonome...
Le but du pouvoir russe, après la stabilisation des conséquences calamiteuses des années 90, est le développement de la classe moyenne.
Tu veux dire ces personnes richissimes, à la botte de Poutine ?
Quels salauds ces médias, ils soutiennent des poutiniens !
Euh, non... Les oligarques sont à la solde de Poutine comme la cour de Versailles était à la solde du roi de France : la réalité c'est qu'il y a entre eux une relation antagoniste entre eux et le pouvoir, et que le Kremlin les a matés.
Parles-en donc à Boris Berezovsky, des oligarques "poutiniens".

Wikipedia donne des biographies de 5 ou 6 d'entre eux (intéressant pour se faire un portrait de la situation) et affirme :
Il est à noter qu'une grande partie d'entre eux se sont réfugiés en occident et jouissent d'une grande popularité auprès des médias.http://fr.wikipedia.org/wiki/OligarqueNon. Traduction : les Russes ne s'intéressent pas à la vie politique de leur pays, et sont simplement heureux d'y voir un pouvoir fort.
C'est bien ce que je dis : c'est une façon raffinée de dire que les russes sont des crétins. Et toujours pas un mot sur la politique réelle, sur la vie réelle, sur ce que les russes peuvent voir s'accomplir sous leurs yeux après la catastrophe des années 90.
Nomination directe des gouverneurs, au lieu de leur élection.
Lois concernant les partis politiques (devant désormais compter plus de 50000 membres pour pouvoir se présenter aux élections).
Abolition du status de candidat indépendant aux élections, tout candidat doit appartenir à un parti.
On peut ajouter à cela aussi certaines "mesures" qui ne fleurent pas bon la démocratie ... Par exemple, l'absence de liberté de la presse, avec un contrôle de tous les médias (on peut citer la chaîne NTV qui était l'une des plus "libres", jusqu'à un remaniement en 2002 qui fait qu'aujourd'hui, elle est en contact permanent avec les équipes de Poutine).
Ca n'est pas anti-démocratique, sauf dans un sens étroit au point d'être inutilisable du mot "démocratie".
Il y a 30 ans en France, les télévisions étaient toutes aux mains de l'état, en pourtant la France n'était pas en marche vers le totalitarisme. En France toujours, les préfets, instruments essentiels du pouvoir au niveau local, sont nommés directement par le gouvernement. Et à toutes les élections présidentielles on voit le nouveau pouvoir nommer ses hommes aux postes clefs des médias.
Tiens, à propos de la chaîne NTV, qui avait le courage de critiquer la guerre en Tchétchénie avant sa reprise en main, pose toi la question : ils sont où, en France, les médias d'opposition critiquant la guerre au Kosovo il y a quelques années, ou le TCE en 2005?
Tout ceci dans le but d'éliminer tout opposition, évidemment.
Oui et non.
Certes il y a à court terme le petit jeu machiavélique du pouvoir, comme dans toutes les nations.
Mais il y a probablement des valeurs plus profondes qui sont en jeu.
Par exemple, l'interdiction des candidats indépendants ne nuira sans doute en rien à l'opposition à Poutine. Par contre c'est une bonne illustration des mentalités anti-individualistes en Russie.
Lorsque je l'ai lu, j'ai ri, mais après reflexion, je pense cependant qu'il n'était pas si ironique que ça : il n'aurait pas donné ces exemples pour se justifier s'il n'avait pas été sérieux. Je prends donc tout au premier degré, sauf la dernière phrase.
Ben il est sarcastique, vu la façon dont on ne cesse de l'attaquer sur ce terrain, et il note que la dynamique démocratique n'est pas bonne en Amérique et en Europe, ce en quoi il a tout à fait raison. Ensuite je pense qu'effectivement il se pense comme un démocrate, un démocrate à la mode russe certes, et ça doit être assez exaltant : la démocratie n'a jamais existé en Russie, c'est tout un monde à construire.
Au même titre que je ne sais pas si on peut parler de victoire des USA en Irak, je pense que le terme "victoire" n'est pas adapté en Tchétchénie (il y a encore une forte présence des forces russes là bas, et quelques forces rebelles).
Il y a toujours des accrochages en Tchétchénie, mais les rebelles sont très mal en point et le temps des grandes opérations est terminé.
Entre Tchétchénie et Irak il y a quand même énormément de différences :
- L'Irak, c'est beaucoup plus grand : 20 fois plus d'habitants !
- La Tchétchénie, pour l'armée fédérale, ce n'est pas tout à fait l'"étranger". Ca a toujours fait partie de l'URSS, et même de la Russie avant 1917. Ils connaissent l'endroit, ils connaissent les gens, les notables locaux, etc...
- De même ils ont une langue commune (le russe est lingua franca dans la région), ils ont des références culturelles communes.
- Enfin il s'agit d'une guerre sur la bordure de la Russie, contrairement à l'Irak où les américains doivent projeter leurs forces à l'autre bout du monde.
Tout ça pour dire que ce n'est peut être pas très justifié de trop rapprocher ces deux guerres.