Pour ce qui est du siège de la conscience, les insectes n'ont pas un cerveau dans leur tête, où convergeraient les données des sens.
Certes, les principaux organes de la perception y sont regroupés, comme les organes moteurs dans le second segment, le thorax, et la respiration, la circulation, la digestion et la reproduction dans le troisième, l'abdomen.
C'est un peu comme si le corps de l'insecte était tout entier un crâne, un crâne et une mœlle épinière ; ou encore, comme si nous étions des insectes dont le corps soit passé à l'extérieur de la carapace, mais dans laquelle demeurerait comme le centre de commandement ; un corps bien protégé à l'intérieur d'un autre, dans une armure osseuse.
De là, il n'y aurait qu'un pas pour conclure que les insectes n'aient pas d'intelligence, voire pas de conscience, ou même de sensation de soi. Ils ne se montent pourtant pas plus « écervelés » que les autres animaux.
À supposer qu'on me démontre, ce dont je doute fort, que les capacités cognitives d'un insecte soient significativement inférieures de celles d'un vertébré, elles ne le seraient de toute façon pas en proportion de la taille de son cerveau, puisqu'il n'en a pas. Il doit donc s'y prendre, pour penser avec son corps, autrement que nous.
Le corps de l'insecte ne fonctionne pas comme le nôtre. Il est beaucoup plus rapide. Les perceptions, les mouvements y sont plus vifs, la vie même en est plus brève. Cette rapidité peut expliquer l'inutilité d'un lourd appareillage neuro-sensoriel.
Ces animaux nous sont durs à comprendre, les derniers apparus, plus que les autres, qui se livrent souvent à des occupations ou des rituels énigmatiques.
On connaît très mal les insectes. Les principaux centres de recherche qui les étudient et les travaux qu'ils publient se préoccupent avant tout de leur extermination sélective.
Quant aux recherches sur leur intelligence, je vous conseille de lire ceci :
http://www.archipress.org/ts/deneubourg.htm , pour intéressantes qu'elles soient, elles se rapportent à une « intelligence » collective et procédurale, qui ne concerne pas, à proprement parler, ce que j'entends par ce terme.
Les mêmes travaux pourraient d'ailleurs être faits sur une « intelligence collective » humaine, qui ne donneraient certainement pas des résultats bien différents.
Il n'est qu'à observer des conducteurs dans des embouteillages, ou des supporteurs sportifs, pour se convaincre que cette « intelligence collective » ne rend pas compte de la véritable intelligence humaine : celle du mécanicien qui conçoit ou répare le moteur, celle du sportif qui pense et met en œuvre sa stratégie sur le terrain.
L'intelligence est la propriété d'un esprit, et d'un seul.
Il y a pourtant des comportements à travers lesquels ces animaux nous deviennent plus proches ; c'est dans le regard que les mâles portent sur leurs femelles. Ils connaissent le désir.
Pour conclure, je dirais qu'affirmer haut et fort en 2007, et avec certitude que les insectes n'ont pas de conscience, est quelque peu prétentieux, et serait penser détenir l'ultime vérité.
Tryphon Tournesol.