Fredifredo (./75) :
Entre un enfant sauvage qui vit avec des petits singes en Inde ( c'est un exemple ) et Koko la gorille qui vit avec les hommes et communique, quelle est la frontière qui les séparent ?
Réfléchis deux minutes à l'environnement technologique qui t'entoure et tu verras la frontière entre les deux.
Koko et ses amis ne sont pas en train de troller à propos de la conscience humaine sur un réseau informatique de leur invention.
Tryphon Tournesol (./76) :
Le mot conscience en anglais possède deux occurences qui permettent de lever une ambiguité qui s'introduit fatalement dans tout débat sur la "conscience animale".
Awareness : c'est le fait d'être "présent au monde".
Conscient dans le sens d'éveillé (cela s'oppose au sommeil), attentif à l'environnement, en position d'agir de façon pertinence aux stimulis émotionnelement performant qu'il présente. Sous cet angle il est évident que les animaux, notamment pourvu d'un système nerveux central sont conscient.
Et ils le sont tous d'une certaine façon pourvu qu'on dimensionne l'univers (umwelt) avec la complexité du système sensori moteur. L'univers d'une tique c'est un capteur d'odeur on/off concernant l'acide butyrique, un capteur de chaleur et c'est à peu près tout. De cet univers là elle est conscient, et peut-être bien plus.
Merci pour toutes ces précisions sémantiques, c'est très intéressant. C'est vrai que la discussion est plus claire en posant proprement les mots.
Cela dit, je n'approuve toujours pas l'idée que tout animal (et notament un insecte, puisqu'on en a parlé) doté d'un système nerveux central ressente cette présence au monde.... Ou alors n'importe quel objet cybernétique, même non vivant, a ce type de conscience (par exemple un ordinateur), et donc ce concept est inopérant. Un système complexe (comme un ordinateur... ou le système nerveux d'un insecte) peut faire des choses tout à fait étonnantes de façon purement mécanique et froide.
En revanche j'admets tout à fait qu'un vertébré supérieur (une vache... un chat... et bien sûr un grand singe ou un dauphin) possède cette conscience de l'éveil.
La non reconnaissance de conscience animale est avant tout des prétextes qui permettent à l'homme de rabaisser les animaux (auquel il appartient rappelons-le) et lui permettent de commettre d'énormes attrocités.
Tut Tut.
C'est pousser le bouchon bien trop loin que de dire que le *but* de la supériorité humaine c'est la justification du massacre.
L'idée que l'Homme, et notament la conscience de l'Homme, est supérieur aux animaux, c'est avant tout une constatation empirique évidente.
Les brutalités envers les animaux sont un tout autre problème.
Nier toute conscience animale serait faire preuve d'un certains anthropocentrisme.
Ce que je n'ai pas fait.
Je nie simplement (par exemple) des idées aussi extravagantes que la conscience chez les insectes.
"L'evolution" peu engendrer un jour des êtres dotés d'une plus grande conscience que la notre.
Bien sûr.
Encore que sur Terre, il semble qu'avec l'être humain l'évolution a pris un autre tour : l'homme ayant les moyens de contrôler son futur plus parfaitement qu'aucune espèce avant lui, il peut désormais se soustraire à la sélection naturelle. Bref, l'évolution désormais est culturelle et non génétique, et l'Homme est l'espèce super-dominante. Dans ces conditions, je ne vois pas trop comment une espèce future dotée d'une intelligence supérieure à l'Homme pourrait être autre chose qu'une évolution de l'Homme, justement... l'Homme du futur.
boumchakal (./78) :
Hippopotame, si tu avais vécu dans le passé, je suis sur que tu aurais participé au linchage des personnes qui disaient que la terre n'était pas plate !
C'est une technique rhétorique minable.
Quant à savoir quels auraient été nos comportements dans des contextes passés, ne soit pas trop assuré quant aux démarcations. Surtout quand comme toi on se place dans la lignée des vieilles antiennes catholiques malthusiennes, qui insistent sur la petitesse de l'homme et sa nécessaire soumission.
Personnellement je me prétend humaniste, et cela implique un amour de l'Homme qui commence par la conscience de son caractère exceptionnel.
Une plante est posé sur une table au milieu d'une pièce VIDE. Différents capteurs sont placé sur cette plante. Une personne A entre dans la pièce, sifflote s'approche de la plante et ressors. Aucune activité n'est enregistré sur ces capteurs. Plus tard une seconde personne (B) entre dans la pièce en ouvrant violement la porte, hurle et bouge rapidement en fonçant sur la plante et il lui arrache quelques feuilles. Les capteurs enregistre une activité interne très forte chez la plante, activité qui n'est pas celle enregistré habituellement.
Plus tard, la personne A revient dans la pièce et s'approche a nouveau de la plante. Aucun signe particulié. La personne B entre a son tour, et a peine entré dans la pièce les capteurs de la plante enregistre la même activité des capteurs qu'au moment ou la personne B arrachait des feuilles.
Ben quand je lis ça... je me dis que tu t'étonnes d'un rien. Le monde des plantes est extrêmement compliqué ! C'est un monde lent mais dont l'essentiel nous est invisible. Les moyens de communication, de perception des plantes sont radicalement différents de ceux des animaux, ils n'en sont pas moins très élaborés, et un simple sous-bois est le terrain d'une lutte à mort entre différentes espèces dot on n'a guère conscience.
Cette complexité du vivant mérite qu'on l'admire. Mais est ce que ça implique la conscience ou la cognition de la part de ces plantes? Non.
Ces 2 expériences montrent bien d'une part notre ignorance sur le sujet,
Mais évidemment ! Nous somme ignorants sur tout !
La science sert à prendre conscience de notre propre ignorance.
et d'autre part qu'une conscience pourrait exister chez les insectes et la flore.
Non.
Tu fais de l'anthropomorphisme en supposant cela.
GUNNM (./79) :
La question de la superiorité de l'homme me fait toujours sourire: L'homme à sa specialité, l'intelligence. Mais essayez de courrir plus vite qu'un guépart, de vous battre contre un ours, de nager plus vite qu'un poisson... On est inferieur dans tout, sauf dans notre specialité.
Ah bon? Le fait que l'homme soit le super-prédateur infirme ce que tu dis.
L'homme construit des voitures qui roulent plus vite qu'un guépard, des fusils contre lesquels l'ours ne fait pas le poids, des bateaux ou des sous-marins qui dépassent le poisson. L'intelligence est la spécialité suprême d'où découlent toutes les autres.