Hippopotame (./169) :
Personnellement, je ne suis pas pour une sélection universitaire, je suis pour une rénovation de l'enseignement universitaire (mais ça aurait un coût énorme, parce que ça passerait aussi par une rénovation du cadre universitaire - au sens cadre de vie).
Concrètement?
Une professionnalisation du statut d'enseignant universitaire
(comme déjà dit, ça m'insupporte ces chercheurs qui font des heures de formations parce qu'ils n'ont pas le choix, qui n'en ont rien à foutre, et qui finalement font plus de mal que de bien). Ça ne passerait pas par un système de type EN ou IUFM (encore heureux), mais plus par un choix d'orientation. Des postes plus souples avec +/- de recherche ou +/- d'enseignement. Ce n'est pas le même métier, et je pense (mais je me trompe peut-être) que l'argument comme quoi on est bien instruit par ceux qui seront nos pairs plus tard ne vaut pas avant le Master (auparavant, il reste encore beaucoup à apprendre dans le domaine que l'on a choisi).
Une réorganisation du fonctionnement des cours
Conserver bien sûr les cours magistraux, mais avoir des TP et des TD en effectifs plus réduits (comment un prof peut-il s'en sortir quand il doit assurer un TD ou un TP avec plus de 40 élèves ?!).
Une réorganisation des emplois du temps
C'est un vrai problème, c'est vraiment merdique. Effectivement, ça implique plus de personnel et plus de salles. Mais comment peut-on espérer que les étudiants acceptent de suivre des cours s'ils ne sont même pas respectés à ce niveau ? On y arrive bien en DUT alors qu'on a aussi des enseignants chercheurs, pourquoi ça ne serait pas possible pour l'université "traditionnelle" ?
Un respect du cadre de travail
Ca, c'est une problématique qu'on retrouve pour tout les édifices publics : on préfère attendre que ça soit dans un état tellement pourri qu'on détruit tout et qu'on recommence. Un vrai suivi architectural, avec contrôle de certaines normes : éclairage, ensoleillement, aération, isolation... c'est bien beau d'avoir un bâtiment aux normes lors de sa construction, mais a-t'on envie de travailler dans celui-ci lorsque, à peine 5 ans plus tard, l'éclairage n'est plus homogène, les murs sont ternis, les courants d'air sont foison.
Cohérence et reconnaissance des diplômes professionnels universitaire
Rattacher les enseignements de Licences Pros (presqu'anciennement DUT) et les enseignements de Masters Pros, avec une vraie cohérence. Les Masters Pro devraient avoir valeur de diplôme d'ingénieur DE, ce qui permettrait aux universités de décerner ce sacro-saint diplôme français qu'est celui d'ingénieur DE.
Campus, UFR : cadre de vie et organisation des études
Attribuer plus d'indépendances aux UFR (de vrais bâtiments indépendants, pas des salles partagées par tout le monde et qui en deviennent anonymes) tout en donnant au Campus les moyens d'asseoir de vraies directives globales (au niveau du système d'information, au niveau de l'emploi du temps, au niveau administratif, au niveau des rythmes de vie universitaire - en particulier, l'informatique nous permet aujourd'hui pas mal de choses au niveau des emplois du temps - même si c'est imparfait, ça permet au moins d'éviter de placer deux partiels de deux disciplines différentes le même jour à la même heure quand au moins une personne doit être présente aux deux).
Assouplir les attributions financières
Aujourd'hui, et ce malgré la LOLF qui nous avait promis de résoudre ces absurdités, on se retrouve toujours à devoir dépenser absolument l'intégralité de l'argent qui est attribué à un poste budgétaire particulier, au risque de voir les crédits réduits l'année suivante. On en arrive ainsi à gaspiller des sommes qui, une fois cumulées, sont colossales. Il faut absolument trouver une solution à ça, mais comme je ne suis pas gestionnaire, je n'ai pas de solution.
Bien entendu, tout ça, ça coûte... mais des études loupées, ça a aussi un coût pour la collectivité.
Bien entendu, tout ça, ça prends du temps (réformer en profondeur une structure aussi grosse que les universités, ça prend à minima 5 ans).
Bien entendu, tout ça, c'est utopiste, mais bon...