very (./5954) :
Oui, mais c'est un modèle non falsifiable, donc qui demande de croire, qui décrit la situation en se posant lui-même comme ultime limite indépassable sans tellement répondre au pourquoi que par lui-même....
La falsifiabilité en science, ce n'est peut être pas si simple que Popper veut bien le dire. Les modèles scientifiques ne se développent pas seulement en se réduisant à un périmètre falsifiable, mais aussi en s'étendant au plus grand domaine de cohérence. De plus la falsifiabilité est une notion relative, qui dépend elle même d'un modèle. En quoi une aiguille sur un appareil de mesure est-elle une falsification d'une théorie, si ce n'est à l'intérieur d'un modèle qui relie l'aiguille et l'expérience effectuée à la théorie testée?
Il y a eu ces dernières années pas mal de débat sur le critère de falsifiabilité, du fait de l'engouement pour la théorie des cordes, et les cordistes ont quelques ressources. Il faudrait relire ça.
Oui voilà, quelque chose comme ça. L'atome est bien le plus petit élément avec une certaine notion d'élément (celle usuelle des grecs, parce qu'en dessous, c'est quand même le bordel et pas vraiment la même notion intuitive - sémantique - de matière.... ). N'empêche qu'en dessous il n'y a pas rien, bien au contraire...
Mais la dimension, mettons, de l'atome d'hydrogène, n'apparaît pas du tout comme une échelle fondamentale dans les lois de la physique. L'échelle de Planck, si! Et pas seulement quand on sonde la matière à petite échelle, mais même macroscopiquement, dans la géométrie de l'univers qu'on voit autour de nous.
Prenons la vitesse de la lumière, c. Prenons la constante de gravitation, G. Prenons quelques autres grandeurs fondamentales (k, h, epsilon_0). Toutes sont l'expression de la géométrie profonde de l'univers, vitesse limite, courbure, etc. Elles sont macroscopiques, lisibles sous nos yeux.
Dans quel système d'unités ces constantes sont elles égales à 1? => dans le système d'unités de Planck.
L'atome d'hydrogène n'a en aucune façon cette importance théorique.
D'autre part il faut voir que la longueur de Planck n'a aucun rapport avec l'état de la technique. Elle est de toute façon incroyablement en deçà du domaine atomique où nous savons travailler. La longueur de Planck (~10^-35 m) est bien plus petite pour un proton (~10^-15 m, facteur 10^20) que le proton n'est petit pour nous (~1 m, facteur 10^15).
Alors l'échelle de Planck ? Il se passe certainement des trucs bizarres en dessous qui ne peuvent se résumer avec nos concepts habituels. Mais de là à dire que c'est fini... c'est fini de nos anciennes notions, sûrement...
Oui.
Mais bon, ça ne change rien. S'il y a une réalité plus fondamentale en dessous, et qu'espace et temps sont des réalités émergentes à grande échelle, c'est comme dire qu'on est dans un monde simulé sur un ordinateur d'une échelle supérieure. Mais l'intérieur du programme de simulation n'a pas a priori accès à la réalité extérieure.
(ce qui implique que ça peut se produire, donc que ça compte comme information pour l'univers puisque ça peut inter-argir avec le reste, ok.
Voilà.
Mais cette inter-action, peut-être excessivement rare, n'est surement pas dans bien des bons modèles... )
Nos modèles contiennent déjà des interactions excessivement rares.
Ce n'est pas parce que c'est excessivement rare qu'on ne peut pas en détecter la nécessité théorique. (exemple : les particules super symétriques, qui n'interagissent pas avec la matière, mais dans lesquelles nous baignerions et qui pourraient expliquer la matière noire.)
ça reste tout de même fort vague pour tirer des plans sur la comète à ce niveau de projection.
bah au contraire je trouve ça d'une puissance incroyable.
La physique consiste à comprendre des structures générales. Si on reprend la métaphore de l'ordinateur d'une réalité supérieure, sur lequel serait simulé notre illusion d'univers, en constatant l'échelle de Planck, c'est comme si nous avions déterminé le nombre de bits et la fréquence du CPU de l'ordi, à partir d'observations générales sur la simulation dans laquelle nous nous trouvons. Je ne vois pas en quoi ça serait flou ou insatisfaisant..
celle du scientifique (whaoo c'est génial on est trop fort, bon on peut se tromper mais vu comme ça marche on a quand même pas mal raison, donc on croit détenir une certaine vérité sémantique, qu'au s'autorise à projeter au-delà du raisonnable )
Pas "au delà du raisonnable". Dans la limite de cohérence.
et celle du philosophe des sciences ( "putain c'est vraiment un miracle que ça marche, mais ça ne dit rien de plus, ou alors juste sur l'homme" ).
Meuh non le philosophe des sciences n'est pas forcément structurellement pessimiste (enfin souvent c'est un scientifique raté donc aigri, mais ce n'est pas obligatoire).
Les meilleurs philosophes des sciences sont souvent les scientifiques eux mêmes. Beaucoup de grands scientifiques ont une excellente culture épistémologique et comprennent très bien ces problématiques.
Là le truc qui fait mal à certains: le scientifique, comme les autres, comme les hommes, a besoin d'illusions et de croyances pour fonctionner.
Tout à fait, mais c'est un truisme qui ne mène nulle part
