Pollux (./2452) :
Allons allons, dire "oh zut alors on s'est trompé, pas de chance, on fera un peu plus attention la prochaine fois" ça ne suffit pas : il faut bien voir que tout l'argent qui manque aujourd'hui est allé dans la poche d'un certain nombre de personnes...
Une bonne part est littéralement partie en fumé. C'est simple: par endettement, tu crée de l'argent qui est garanti par la valeur (futur) des actifs. (fonctionnement hypothécaire des sub-prime, entre-autre) Cet argent sert à acheter les actifs actuels. Pour une raison ou une autre, la valeur de ces actifs (typiquement, l'immobilier US ) chute, et donc tout l'argent créer par la valeur de ces actif n'existe plus vraiment. (en fait, il est parti au précédent vendeur, mais l'argent qui aurait du revenir ensuite par remboursement de la dette / vente de l'actif ne viens pas: cet argent que "l'on croyait réel" n'existe littéralement plus). Bref il y a une réelle destruction monétaire en période de crise, comme il y a une réelle création monétaire en période de bon fonctionnement...
Évidement je comprend ce que tu dis: dans une phénomène de bulle, c'est un comportement rationnel de participer à gonfler la bulle tant que toi tu vends avant que ça se retourne. T'as tout intérêt à acheter au début de la bulle, concourant ainsi à la gonfler, et à vendre un peu avant que ça pète... ça souvent été le comportement d'acteurs malins, souvent institutionnels, qui ont tout intérêt à dire que c'est génial et que ça va marcher longtemps pour que la bulle gonfle un max (souvent, ceux qui investissent à la fin de la bulle et se font le plus plumer, ce sont les petits porteurs... )
ça explique en grande partie le discours des économistes qui ont des activités de conseils ou des liens avec le privé (ou qui ont beaucoup investi perso): c'est tout leur intérêt de dire que tout va bien, c'est génial, investissez. ça explique pas du tout pourquoi une grande partie du monde (qui s'est faite plumer en envoyant de l'argent aux US) s'est laissé bernée, ça explique pas du tout pourquoi les économistes indépendants n'ont pour la plupart rien vu, ça explique pas du tout pourquoi les politiques n'ont rien vu (sauf si ils pensaient que la crise arriverait après leur mandat... ), voir ont adopté le fonctionnement des US (Espagne, Islande, ..). Il en y a beaucoup qui y croyaient vraiment, et a priori pas des gens cons. Je parle d'aliénation mentale par ce qu'a mon avis, ça relevait du sentiment, presque de l'amour: ils étaient convaincu que comme c'était américain, c'était forcément trop bien de la balle car américain, "meilleur économie du monde", etc. Il y a dans ça une espèce de renonciation au rationnel et une adoption inconditionnelle du système du dominant, qui relève vraiment du fonctionnement de l'Empire et de l'idéologie qui va avec.
L'autre truc qui montre qu'on change vraiment d'échelle pour cette crise, c'est que les acteurs institutionnels, qui en général sont gagnants sur les crises (ce sont eux qui ont profité de la monté de la bulle et plumé les particuliers... ) ont cette fois-ci complètement perdu...
Ceux qui ont gagné, en réalité, ce sont... les consommateurs américains qui ont consommer à crédit depuis 2007 ! Il faut regarder les courbes d'épargne et de crédit US depuis 2001 ! la conclusion de J. Sapir est simple: toute l'augmentation de la consommation US des classes populaire et moyenne depuis 2001 vient directement du crédit et de la liquidation de l'épargne !
Donc: évidemment certains ont intérêt à entretenir des bulles, ça a toujours été le cas depuis la fameuse tulipe hollandaise. Il y a toujours des gens pas très experts ou malchanceux pour se faire plumer. Ok. N'empêche que ça ne suffit pas du tout à expliquer l'ampleur de la crise actuelle. Donc deux choses:
-là où est parti l'argent, c'est dans la consommation des américains. Y'a quasi-aucun investisseur qui a gagné sur cette bulle.
-La planète entière s'est faite plumer simplement par ce qu'au lieu d'être rationnelle –une croissance entièrement sponsorisé par la dette privée, ça peut pas durer longtemps–, elle croyait à "l'américanisme" (tout ce qui est US est trop de la balle, faut faire pareil et envoyer les sous de nos fonds de pension là-bas..)
Donc ouais tu peux réfléchir à réglementer un peu plus, mais ça changera pas fondamentalement les choses, peut-être ça aurait juste atténuer légèrement cette crise. Faudrait que tu réglementes la rationalité des gens et leur croyance que "le cœur de l'empire est nécessairement le meilleur endroit pour placer mon argent, même s'il ne sert pas à produire mais juste à consommer (sic) ". C'est ça le phénomène clé de la crise actuelle, qui n'est pas du tout une crise "normale" (où tes remarques sont valables )
E. Todd l'écrivait déjà en 2002, et il y a des connaissances "banales" en économie:
« l’investissement en capital [aux US] devra donc, d’une façon ou d’une autre, être vaporisé »
« Nous ne savons pas encore comment, et à quel rythme, les investisseurs européens, japonais et autres seront plumés, mais ils le seront »
etc, etc, etc.
Seulement lui n'est pas devenu "inconditionnellement amoureux" des états-unis pour gober n'importe quoi, c'est tout..

…
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sur l'orthographe
).


